Procès Vaubulon

Interrogatoire du père Hyacinte

1.126

Interrogatoire fait par nous
Mathurin CHEREIL Sr de la RIVIÈRE, Conseiller du roi au Présidial
de Rennes, Commissaire subdélégué en cette partie de Monsr
BECHAMEIL de NOINTEL, Conseiller du Roi en ses Conseils, Maître
des Requêtes ordinaire de son Hôtel, Commissaire pour l’exécution des
ordres de Sa Majesté en Bretagne, aux fins de l’arrêt du Conseil
d’etat du 23 mars dernier, et de l’ordonnance de subdélégation
de mondit Sieur de NOINTEL du 24e avril aussi dernier au
nommé Le Père Hyacinthe de Quimper capucin, détenu
prisonnier aux prisons de Rennes, et ce en conséquence de
notre ordonnance rendue contre lui le 30e du mois d’avril
à la requête d’André Joseph Pierre GREFFIER, Ecuyer Sr
DUBOIS LAUNAY, Procureur du roi au Présidial de Rennes commis
par mondit r de NOINTEL pour faire les fonctions de Procureur
de Sa Majesté en cette partie, instructeur et accusateur contre
ledit Père Hyacinthe de Quimper, capucin, et aux autres ses complices,
déférés et accusés ayant avec nous pour notre Commis
greffier Me Pierre CAILLEAU, de lui le serment pris en
tel cas requis, et y a été procédé comme ensuit le serment
fait par ledit Père Hyacinthe de Quimper, capucin, de dire vérité,
et ce concurremment avec N et D Mre André ESNOUF prêtre
Vicaire Général de Monsr le Révérend Evêque de Rennes commis
pour l’instruction du procès dudit Père capucin.
Du 7e mai 1697 en la Chambre criminelle
des prisons de Rennes


première page M. CHEREIL			P. H . de Quimper C.

1.127-1 Interrogé de son nom, âge, qualité, profession, demeure, A dit avoir nom Père Hyacinthe de Quimper, prêtre religieux capucin, âgé de soixante ans environ, ci-devant H qualité demeurant dans l’Ile de Bourbon,(H) et à présent détenu prisonnier aux Aumônier prisons de Rennes s’il a eu copie dudit arrêt du Conseil d’ Etat du 23e mars dernier, et de l’ordonnance de Mondit Sr de NOINTEL du 24e avril aussi dernier, portant notre subdélégaton pour l’instruction dudit procès, A dit qu’il a eu copie dudit arrêt du Conseil d’etat et Commission sur celui-ci et de ladite ordonnance de subdélégation. Nous lui avons déclaré que conformément audit arrêt du conseil d’Etat et ordonnance de Mondit Sr de NOINTEL portant notre subdélégation, nou instruisons son procès pour être ensuite jugé par mondit Sr de NOINTEL souverainement et en dernier ressort avec les officiers du Présidial de Rennes aux termes dudit arrêt du Conseil d’ Etat. A dit qu’il n’a rien à y contredire. Quand il s’est embarqué pour l’Ile de Bourbon, et s’il n’y a pas passé avec le Sr de VAUBOULON qui y allait Gouverneur pour le Roi , A dit que le vaisseau mit à la voile le 4e mai de seconde page M. CHEREIL F. Hy de Quimper C.
1.127-2 l’année 1689, de l’Ile de Groix pour se rendre à celle de Bourbon en Afrique, et qui’il y a passé avec ledit Sr de VAUBOULON , S’il n’a pas eu dans le passage plusieurs différends et démêlés avec ledit Sr de VAUBOULON après la mort du Père Bernardin de Quimper, qui passait aussi pour ladite Ile de Bourbon, a dit que le Père Bernardin de Quimper, capucin, était du voyage, mais dans un autre vaisseau, et qu’il n’a eu aucun démêlés ni différend dans le passage avec ledit Sr de VAUBOULON, se ce n’a été quelque petite contestation sur les nouvelles du temps semblalble à celle qu’on peut avoir dans les compagnies. Si lui, répondant, n’eut pas dispute avec ledit Sr de VAUBOULON à l’occasion du coffre du Père Bernardin de Quimper A dit qu’il n’eut point dispute à l’occasion dudit coffre, que véritablement, Frère Anthoine de Lannion, son compagnon qui en avait les clés, eut quelques démêlés avec ledit Sr de VAUBOULON, qui voulait faire inventaire dudit coffre, à quoi le frère anthoine s’opposait; que lui, répondant, n’entra point dans cette dispute, et consentit à cet inventaire qui fut fait par ledit Sr de VAUBOULON en présence de tous ceux du vaisseau, lequel Sr de VAUBOULON menaça troisième page M. CHEREIL P. Hy de Quimper C.
1.128-1 rudement ledit F. anthoine, et lui dit qu’il s’en repentirait quand il serait dans l’Ile, ce que lui, répondant, écrivit du Brésil à son Provincial en France. Si lui, répondant, et son f. compagnon étant à la Baie de Tous les Saints au Brésil, ils ne firent pas difficultés de se rembarquer pour l’Ile de Bourbon à cause de cette dispute et autres qu’ils auraient eues dans le voyage, A dit que véritablement, il aurait bien voulu revenir en France, lorsqu’il fut arrivé au Brésil, et ne pas aller dans l’Ile de Bourbon, se voyant seul prêtre après la mort dudit Père Bernardin de Quimper, et hors d’espérance d’avoir aucune nouvelle de France de quatre ou cinq ans, cette Ile étant fort éloignée et hors de la route des Indes. Si les cinq ou six premiers mois après leur arrivée dans l’Ile, il n’eut pas des disputes avec ledit Sr de VAUBOULON, et comment ils ont vécu ensemble jusqu’à son emprisonnement, A dit que s’il a eu quelque petite dispute, ce n’a rien été, en comparaison des bontés que ledit Sr De VAUBOULON a eues pour lui, répondant, par ailleurs, lui donnant souvent charitablement à manger, et lui ayant accordé plusieurs grâces qu’il lui a demandées pour les habitants de l’Ile. quatrième page M. CHEREIL P Hy de Quimper C.
1.128-2 Si ledit Gouverneur faisait plusieurs vexations au peuple, A dit qu’il en faisait beaucoup, et que les habitants en ont fait leur rapport à MM de la Conpagnie des Indes. Si neuf à dix mois après leur arrivée dans l’Ile, FIRELIN Commis pour ladite compagnie n’est pas allé du Quartier de St Denis à celui de Ste Suzanne se plaindre à lui, répondant, de quelques coups de canne qu’il aurait reçus du Gouverneur, et si de ce moment ils n’ont pas comploté ensemble d’arrêter le Gouverneur et de le mettre dans le cachot, et si depuis ce temps-là il n’a pas eu plusieurs relations avec ledit FIRELIN pour le même sujet, A dit que le 17e 8bre 1690, FIRELIN alla de St Denis à Ste Suzanne où lui, répondant, demeurait alors, se plaindre à lui de quelques coups de canne qu’il avait reçus du gouverneur; que lui, répondant, lui dit de prendre patience, et que ce n’était pas là une affaire, que xxxxx dimanche prochain il irait à St Denis faire sa paix avec le Gouverneur, que lui, répondant, comme il n’avait point encore été dans ces quartiers-là, il allait lui faire voir les habitations, et allèrent ensemble se promener, que lui, répondant, le laissa chez ROYER, et revint à son hospice, où , pendant qu’il disait son bréviaire, FIRELIN arriva et dit à lui, répondant, qu’il avait quelque chose de conséquence à lui dire, que lui, répondant, cinquième page M. CHEREIL P.Hy de Quimper C.
1.129-1 lui dit d’attendre qu’il eût dit son bréviaire, mais ledit FIRELIN, marquant un extrême empressement, lui, répondant, après la fin d’une leçon, lui demanda ce que c’était, et FIRELIN lui dit que ROYER venait de lui dire que, si lui, répondant, voulait, on arrêterait le Gouverneur, que lui, répondant, fut surpris d’une semblable proposition, et lui dit qu’il n’y pensait pas, le priant de le laisser achever son bréviaire, après quoi, il marqua audit FIRELIN qu’il ne devait pas s’engager dans cette entreprise, et qu’il n’y avait pas d’apparence d’arrêter le Gouverneur pour le Roi, que ledit FIRELIN étant retourné chez ledit ROYER dont il a depuis épousé la fille, lui, répondant, y alla pour leur dire qu’il fallait bien prendre garde de former un tel dessein, et qu’ils n’y pensaient pas, après quoi, lui, répondant, s’en vint à sa maison, et le lendemain matin, il fut surpris d’entendre FIRELIN à la sortie de la messe du répondant, porter un plainte aux habitants qui contenait à peu près en substance, qu’ils ne devaient pas souffrir le Commis de la Compagnie des Indes être maltraité du Gouverneur, disant par une exclamation: «Comment, Messieurs, souffrirez-vous qu’on traite ainsi le Commis de la Compagnie des Indes? » que lui, répondant, n’y fit pas aucune attention et que le dimanche suivant, après la messe, ils s’en sixième page M. CHEREIL P. Hy de Quimper C.
1.129-2 allèrent ensemble à St Denis où étant arrivés trop tard, et n’ayant pu saluer le Gouverneur le soir, il remit au lendemain matin à lui présenter ledit FIRELIN pour faire sa paix avec lui, que le lendemain matin il le présenta au Gouverneur et tâcha d’apaiser sa colère du mieux qu’il put, que le Gouverneur enferma FIRELIN dans sa chambre, lui, répondant, ayant sorti, que le soir du même jour ledit FIRELIN alla trouver le Père dans son hospice, où il se plaignit fort du Gouverneur, et des interrogatoires qu’il lui avait faits en présence de BIDON, et entre autres, de ce qu’il l’avait chassé de sa table, et dit derechef au répondant qu’il eût fallu arrêter le Gouverneur, à quoi le répondant s’étant toujours opposé, et voyant ledit FIRELIN n’entrait point dans ses sentiments, il tâcha de débaucher les ouvriers pour aller avec lui à la montagne vivre comme les marrons nègres, en vagabonds et fugitifs; que le répondant demeura environ quinze jors audit St Denis, de ce voyagen, pour tâcher de pacifier toutes choses, pendant lequel temps tous les soirs, ledit FIRELIN qui n’avait pas pu débaucher les ouvriers, venait dire au répondant toujours les mêmes choses, et qu’il fallait arrêter le Gouverneur. Ce que voyant, lui, répondant, il fut bien aise de trouver occasion de s’en aller audit St Paul où il fut mandé par son compagnon pour baptiser un enfant, septième page M. CHEREIL P. Hy de Quimper C.
1.130-1 que, pendant que lui, répondant, était à St denis, il arriva une autre affaire à FIRELIN qui, ayant découché une nuit de la Maison, le Gouverneur en fut fort irrité, et fit afficher une ordonnance à la porte de l’église, par laquelle il enjoignait audit FIRELIN et aux ouvriers de se retirer dans leurs maisons à soleil couchant, à peine contre FIRELIN d’une pistole pour la première fois, et d’un écu pour les ouvriers, et en cas de récidive, de punition corporelle; que ledit FIRELIN y ayant manqué une fois, le Gouverneur lui envoya deux ou trois fois demander la pistole, ce qui irrita beaucoup ledit FIRELIN et le fit continuer dans son dessein, et que lui, répondant, n’a eu autre relation avec ledit FIRELIN pendant le temps qu’il a été à St Denis pour ce voyage. Si, dans le temps que lui, répondant, a été à St Paul, après sa sortie de St Denis, ledit FIRELIN ne lui a pas écrit plusieurs fois par Robert DU HAL et s’il n’a pas aussi écrit à FIRELIN, et ce qu’ils se mandaient l’un à l’autre : A dit que ledit FIRELIN lui a écrit trois fois à St Paul, la première à l’occasion du nommé Henry BROCUS, habitant de l’Ile que le Gouverneur avait fait arrêter pour avoir donné de l’oignon et de l’ail aux nègres marrons, et ne sait par qui cette lettre lui fut apportée; que la seconde fut huitième page M. CHEREIL P. Hy de Quimper C.
1.130-2 apportée par François MUSSAR pour informer le répondant que le Gouverneur avait fait faire l’amende honorable audit BROCUS, à la pointe du jour, avec un écriteau sur le visage et un autre sur le dos, où il était écrit « protecteur des nègres  marrons», et fut ensuite attaché au carcan, ce qui l’épouvantait beaucoup, et marquait au répondant qu’il avait bien envie de le voir pour sa consolation; que ledit FIRELIN lui écrivit une troisième lettre par Joseph LA VERDURE, en se plaignant que le Gouverneur avait fait mettre au cachot un habitant pour avoir sonné la cloche le jour de la Présentation de la Vierge, 21 9bre, que le répondant avait marqué fête dans le calendrier, et que les habitants ayant été le dimanche au Gouverneur, il les avait renvoyés avec menaces, marquant encore au répondant qu’il avait beaucoup envie de le voir, et n’a point reçu d’autre lettre. Quelle réponse lui, répondant, a fait auxdites lettres, et si ledit FIRELIN ne lui marquait pas toujours qui’l continuait dans le dessein de faire arrêter le Gouverneur, a dit que ledit FIRELIN ne lui a marqué autre chose dans ses lettres, que ce qui s’était passé à St Denis, ainsi qu’il a dit ci-dessus, et qu’il souhaitait de voir le répondant pour sa consolation, et lui, répondant, ne lui a aussi écrit autre chose, sinon qu’il irait le voir aussitôt que ses affaires seraient neuvième page M. CHEREIL P .Hy de Quimper C.
1.131-1 faites; que dans la 3e et dernière lettre, il se souvient que ledit FIRELIN lui mandait aussi que le Gouverneur, après avoir renvoyé les habitants, l’avait envoyé chercher, lui avait fait une sévère réprimande, lui disant qu’il avait voulu exciter comme un séditieux soulver les habitants de Ste Suzanne, qu’il l’avait vu à la tête des ouvriers, se plaindre à lui de ce qu’ils n’avaient pas les vivres nécessaires, et qu’il avait fait sonner la cloche contre ses ordres, fait la prière à la tête des habitants, et les avait poussés à se plaindre de l’emprisonnement du nommé ARZUR qui avait sonné la cloche, que ledit Gouverneur lui avait en même temps dit de prendre garde à lui, que son procès était déjà fait, et qu’il le ferait pendre lorsqu’il y penserait le moins; que ledit FIRELIN marquait au répondant que cela l’avait si fort épouvanté qu’il ne savait où il en était, sachant que le Gouverneur faisait des exécutions si matin que personne n’en savait rien qu’après qu’elles étaient faites. si lui, répondant, ne vint pas à St Denis dès le lendemain de la 3e lettre dudit FIRELIN : A dit que oui . Si, dans le moment qu’il fut arrivé, FIRELIN n’alla pas le trouver seul, et quel entretien ils eurent ensemble , dixième page M. CHEREIL P. Hy de Quimper C.
1.131-2 A dit que ledit FIRELIN n’alla point seul trouver le répondant, mais en compagnie de Robert DU HAL et de jacques BARRIÈRE; que le répondant leur faisait récit de la fatigue qu’il avait eue dans le voyage, à cause de la difficulté des chemins, ledit Robert DU HAL dit au répondant en ces termes: "C’est assez, mon Père, nous sommes ici pour autre chose, il faut arrêter le Gouverneur. Car il nous jouera quelque tour quand nous y penserons le moins", de quoi lui, répondant, fut fort surpris et tâcha de les en dissuader. S’il n’est pas vrai que, bien loin de les vouloir dissuader, il ne leur demanda pas si ARZUR était encore en prison, leur disant qu’ils étaient des ignorants de n’avoir pas arrêté le Gouverneur lorqsqu’il avait fait mettre ledit ARZUR en prison, et que si lui, répondant, y avait été, ou qu’il eût encore trouvé ledit habitant en prison, il aurait lui-même arrêté le Gouverneur, puisque il en voulait à l’Eglise, A dit que le fait n’est point véritable, et qu’il n’a eu garde de leur parler de la sorte, puisqu’il savait bien dès St Paul que ledit habitant était hors de prison, et que le Gouverneur l’avait rendu à la prière de Pierre IBON habitant de St Paul, étant alors à St Denis, ce que ledit FIRELIN lui avait mandé par le répondant apprit, dès le même jour au soir, par celui qui lui apporta la lettre dudit FIRELIN. onzième page M. CHEREIL P. Hy de Quimper C.
1.132-1 Si dans la même conversation avec lesdits FIRELIN, DU HAL, et BARRIÈRE, lui répondant ne leur dit pas le premier qu’il fallait arrêter le Gouverneur, que lui, répondant, avait de bons ordres et répondrait de tout, étant envoyé du Roi pour le spirituel et le temporel de l’Ile , A dit qu’il n’a pas dit un mot de tout cela, et que ces faits sont faussement inventés. Comment donc se fit le complot pour arrêter ledit Gouverneur, si le jour ne fut pas pris dans la chambre de lui, répondant, et le signal donné par lui de l’arrêter, lorsque lui, répondant, ferait l’eau bénite le dimanche suivant, et quel jour se fit le complot ? A dit qu’il fallait bien qu’ils eussent comploté entre eux trois d’arrêter le Gouverneur, ce qu’il connut par la manière dont ledit DU HAL l’interrompit dans son discours où il leur racontait les fatigues du chemin; que lui, répondant, fit tout son possible pour les dissuader, leur disant de prendre bien garde à ce qu’ils voulaient faire, et qu’ils n’y pensaient pas, et alors les trois particuliers, étant toujours obstinés, disaient au répondant qu’ils étaient résolus de le faire, et qu’ils avertiraient ROYER, capitaine de Ste du Quartier de Ste Suzanne et les habitants de venir leur aider douzième page M. CHEREIL P. Hy de Quimper C
1.132-2 à quoi le répondant insista toujours, tâchant de leur faire connaître leur aveuglement et leur témérité, mais au lieu de se rendre à ses conseils, lesdits trois particuliers marquèrent toujours que leur résolution était prise paarce qu’ils n’étaient pas en sécurité de leur vie, racontant que c’étaitent par des faussetés que ledit Gouverneur avait fait punir aussi sévèrement ledit BROCUS, et les vexations qu’ils souffrirent; ce qui fit que le répondant, les voyant ainsi déterminés et animés contre le Gouverneur, et craignant qu’en l’arrêtant, ils ne l’eussent tué, leur dit qu’ils étaient toujours si obstinés et so résolus à le faire, il valait mieux que ce fût dans l’église le dimanche suivant, lorsque lui, répondant, ferait l’eau bénite, dans afin que la sainteté du lieu pût retenir leur fureur et empêcher de le tuer, et pour éviter aussi les désordres qu’une semblable action pouvait causer dans l’Ile contre les intérêts du Roi. S’il n’a pas envoyé lui-même robert DU HAL avertir ROYER de venir de Ste Suzanne avec quatre habitants le samedi au soir à St Denis et de coucher aux Butors, à un quart de lieue dudit lieu chez Jacques BARRIÈRE pour le lendemain matin aider à arrêter le Gouverneur, A dit que ce n’a point été lui qui a envoyé avertir ledit treizième page M. CHEREIL P Hy de Quimper C.
1.133-1 ROYER mais ledit FIRELIN et les deux autres et que ledit Robert DU HAL y alla lui-même, que lui, répondant, apprit par un habitant de Ste Suzanne, homme de bien et d’honneur nommé LOSTO que ledit ROYER avait trompé la plupart des habitants, leur faisant croire qu’il les menait pour guetter les nègres marrons qu’on lui avait rapporté se retirer auprès de la Rivière des Pluies qui est à une lieue de St Denis; que ledit ROYER et habitants de Ste Suzanne y restèrent jusqu’à environ une heure après minuit, et alors ledit ROYER leur découvrit son dessein, ce qui fit que plusieurs voulaient s’en retourner, mais ledit ROYER, sachant la considération que les habitants avaient pour lui, répondant, il leur dit pour les engager à continuer leur route, qu’ils allaient à St Denis par ordre du répondant et de FIRELIN pour arrêter le Gouverneur. Si le dimanche matin, auparavant d’entrer à l’église, quatre habitants de Ste Suzanne nommés LA ROCHE, VIDOT, MACAST, DU HAL n’allèrent pas trouver le répondant à son hospice pour recevoir de lui les ordres qu’il jugerait nécessaires pour cet emprisonnement, et y furent envoyés de la part dudit ROYER , quatorzième page M. CHEREIL P Hy de Quimper C.
1.133-2 A dit qu’il est vrai que trois particuliers lui vinrent de la part dudit ROYER lui dire à son hospice, le matin du dimanche, qu’ils étaient venus pour aider à faire l’emprisonnement du Gouverneur, à quoi le répondant leur repartit qu’ils avaient pris ne méchante commission, et qu’ils prissent bien garde à ce qu’ils feraient; que s’ils étaient résolus à le faire, que du moins ils ne le fissent pas ailleurs que dans l’église, dans la pensée qu’il avait toujours que la sainteté du lieu empêcherait le désordre; qu’il se renferma incontinent dans sa maison, et que lesdits particuliers, qu’il se souvient se nommer MACAST, VIDOT et LA ROCHE, allèrent trouver FIRELIN, et burent de l’eau-de-vie ainsi qu’il a appris de HERUY maître charpentier. Si ce n’est pas lui qui a donné ordre d’arborer le pavillon et de tirer le canon au moment de l’emprisonnement du Gouverneur, A dit qu’il est vrai qu’il dit aussi aux trois particuliers qu’il serait bon d’arborer le pavillon et de tirer des coups de canon après l’emprisonnement du Gouverneur. Pourquoi il a donné ce conseil ? A dit que c’était afin d’arrêter la fureur de ce peuple quinzième page M. CHEREIL P. Hy de Quimper C.
1.134-1 animé, et qu’ils ne se fussent pas défiés de lui, répondant, et n’eussent pas cru qu’il eût aucn dessein de le délivrer, ce qu’ils témoignaient beaucoup craindre par l’exemple d’un précédent Gouverneur nommé le Sieur de LA HURE qui, ayant appris que le nommé VERO ? avait proposé de le ? au peuple de le tuer, le fit passer par les armes. Pourquoi, ayant ainsi qu’il a reconnu dans une de ses précédentes réponses, beaucoup d’autorité sur les esprits du peuple, il ne les a pas empêchés d’exécuter ce mauvais dessein ? A dit qu’il n’a vu auparavant d’aller à l’église que les trois particuliers dont il a ci-dessus parlé, lesquels il a tâché de dissuader de leur dessein, autant qu’il a pu, et que les peuples ne lui obéissaient qu’en ce qui leur plaisait et agréait. Pourquoi il n’a pas fait des efforts dans l’église, d’arrêter le peuple par des remontrances, puisque même le Gouverneur, se voyant saisi, eut recours à lui et le pria de lui sauver la vie ? A dit qu’inutilement il leur avait fait des remontrances seizième page M. CHEREIL P. Hy de Quimper C.
1.134-2 ou des prières, parce que depuis ayant mis la main sur le Gouverneur, ils n’auraient garde de le laisser aller, étant persuadés qu’il les ferait périr s’il échappait de leurs mains, ainsi qu’aurait fait le Sieur de LA HURE; et d’ailleurs le répondant y avait fait ce qu’il avait pu pour dissuader ceux qui lui en avaient parlé auparavant de faire éclater leur dessein. Si lui, répondant, ne montra pas auxdits trois particuliers une serpe ou couperet, leur disant qu’il s’armait de cet instrument pour se défendre des violences du Gouverneur, et pour lui fendre la tête s’il venait l’attaquer ? A dit que le fait est très faux, et n’a point parlé qu’il eût besoin de cet instrument pour se défendre du Gouverneur, et que si quelqu’un a dit lui avoir vu un semblable instrument, il n’y a rien en cela de blâmable, puisque c’est une chose nécessaire pour le jardin, et que tous les habitants en ont dans leurs maisons. S’il n’est pas vrai que le Gouverneur ayant recours à lui lorsqu’il fut saisi, et le priant de lui sauver la vie, le répondant dit «qu’on me lie ce bougre-là, qu’on amarre ce voleur et qu’on le mène au cachot?» dix-septième page M. CHEREIL P. Hy de Quimper C.
1.135-1 A dit qu’il n’a jamais rien dit ni proféré de semblable, que lorsque le Gouverneur réclama le répondant, et eut recours à lui, ledit répondant lui dit à l’instant quen 'ne craignez point, laissez-vous conduire sans résistance, on n’en veut point à votre vie', ce qu’il lui disait dans la crainte que, s’il faisait résistance, il ne fût tué par ceux qui l’avaient arrêté, voyant même le nommé Marc VIDOT, une bâtonne envenimée ? en forme d’un grand couteau qui disait au Gouverneur qu’il lui couperait la gorge s’il branlait ou faisait résistance. Qui étaient les autres qui arrêtèrent avec VIDOT le Gouverneur ? A dit que ce fut les nommés LA ROCHE, Jacques BARRIÈRE, et Robert DU HAL, qu’il ne remarqua d’hommes en l’église que lesdits quatre particuliers, et un nommé LA VERDURE, qui arrêta BIDON secrétaire dudit Gouverneur, en même temps que les autres arrêtaient son maître, et qu’il y avait beaucoup de femmes. Si Jacques BARRIÈRE ne jeta pas une corde qu’il tira de sa poche pour lier le Gouverneur ? dix-huitième page M. CHEREIL P. Hy de Quimper C.
1.135-2 A dit qu’il ne l’aperçut pas. En quel lieu était alors FIRELIN ? A dit que, voyant le désordre et entendant crier hors de l’église, il quitta son aube, et courut promptement pour empêcher le désordre, qu’il vit FIRELIN à sept ou huit pas de la porte de l’église, avec deux pistolets, et a ouï dire que ledit FIRELIN avait arrêté le nommé LEPINAY valet dudit Gouverneur, en lui mettant le pistolet sur la gorge, et vit aussi qu’on tenait deux autres serviteurs dudit Gouverneur nommés LA CITERNE et Emanuel de MATTE, lesquels les habitants frappaient, en leur mettant le pistolet sur la gorge; que lui, répondant, empêcha le désordre autant qu’il lui fut possible, et ne quitta l’aube et l’église que pour cet effet. Si, ayant quitté l’aube, il ne prit pas un bâton à la main et conduisit lui-même le Gouverneur au cachot, marchant à la tête de ceux qui l’avaient arrêté ? A dit qu’ayant quitté son aube, il prit une petite houssine qu’il trouva auprès de la porte de l’église, et courut promptement dehors aux cris qu’on y faisait ; qu’en s’en retournant, il vit le Gouverneur qu’on menait dix-neuvième page M. CHEREIL P. Hy de Quimper C.
1.136-1 en prison, et alors, le répondant le suivit jusqu’à la porte de la maison pour empêcher qu’on ne lui fît du mal. S’il n’est pas vrai que les habitants ayant dit qu’il le fallait mettre dans sa chambre et l’y garder, le répondant dit qu’il fallait le mettre au cachot ? A dit que non, qu’il n’en a pas eu l pensée, et n’a pas même entendu en faire la proposition, que lesdits habitants firent comme ils voulurent, toute l’attention de lui, répondant, n’étant que pour empêcher qu’on tuât le Gouverneur. S’il ne fouilla pas dans ses poches et ôta ce qui était dedans , A dit que ceux qui le conduisirent, étant à la porte de la Maison du Roi, dirent qu’il fallait ôter ce qu’il avait dans ses poches, que le Gouverneur tira lui-même ce qu’il avait dedans, et que lui, répondant, prit son mouchoir pour le recevoir, qu’il n’y avait qu’un couteau des ciseaux, et un petit louis d’argent à cure-dents, ce qu’il rendit trois ou quatre jours après au Gouverneur, dont FIRELIN fut fort fâché. S’il ne se saisit pas de la clef du cachot, et à qui il l’a donnée quand il eut sorti de St Denis, vingtième page M. CHEREIL P. Hy de Quimper C.
1.136-2 A dit qu’il ne l’a point eue ni donnée à personne. # Si après l’avoir fait # emmener dans le cachot, il ne vint enfermer pas dire la messe au peuple, et s’il n’a pas lui-même P H chanté et fait chanter le Te Deum en réjouissance M. CH de ce qu’ils venaient de faire ? a dit qu’après que le Gouverneur eut été emprisonné par les habitants, lui répondant dit la messe et fit chanter le Te Deum par trois motifs, le premier pour ôter au peuple la défiance qu’ils auraient de lui, l’ayant toujours vu opposé à ce dessein, le second pour rendre à Dieu des actions de grâce de ce que le Gouverneur ni aucun autre n’avait été tué, et le 3e pour unir les esprits et les tenir dans l’obéissance pour le Roi, et établir et conserver entre eux la paix. Nous lui avons représenté que les circonstances d’avoir fait chanter le Te Deum, arborer le pavillon, et tirer des coups de canon marquent tout évidemment la part qu’il avait à cette action, puisque il a donné lui-même toutes les marques les plus authentiques et les plus publiques, qui ne peuvent recevoir d’excuses, puisque on a coutume d’user de ces cérémonies publiques que pour marquer la réjouissance ainsi que lui, répondant ne vingt-et-unième page M. CHEREIL P. Hy de Quimper C.
1.137-1 l’a pu faire sans être participant à cette action criminelle, sommé de nous reconnaître la vérité, A dit qu’il ne l’a fait que pour les motifs ci-dessus marqués, n’en sachant pas la conséquence, ayant presque toujours été parmi les Arabes, et ayant entré en religion très jeune. Et la nuit étant survenue, avons remis la continuation du présent interrogatoire à demain huit heures du matin, et lecture à lui faite du présent interrogatoire, A dit ses réponses contenir vérité, y a persisté et a signé F. Hyacinthe de Quimper capucin M. CHEREIL P. CAILLEAU Greffier commis Du 8e mai 1697, devant nous conseiller et Commissaire pour continuation d’interrogatoires, ayant avec nous notre Commis greffier Pierre CAILLEAU delui le serment pris en tel cas requis, et ce concurremment avec N et D Messire André ESNOUF prêtre docteur en théologie, vicaire général de Monseigneur le Révérend Evêque de Rennes commis pour l’instruction du procès dudit père capucin, le serment dudit père Hyacinthe de Quimper, capucin, pris de dire vérité. vingt-deuxième page M. CHEREIL F. Hy de Quimper C.
1.137-2 Interrogé pourquoi, s’il n’était pas participant à ce complot, il n’en a pas averti le Gouverneur, ayant su le dessein de FIRELIN dès le 17 octobre précédent, ainsi qu’il a reconnu dans une de ses précédentes réponses ? A dit qu’il ne croyait pas que cela dût avoir d’effet. Pourquoi, du moins, voyant le jour pris et fixé pour arrêter le Gouverneur dans l’église, il ne lui en a pas donné avis, voyant que la chose était si proche et si certaine ? A dit que, quoique le jour fût pris et fixé par ledit FIRELIN, Robert DU HALLE et BARRIÈRE, néanmoins il ne croyait pas qu’ils en vinssent à l’exécuter, ni que ROYER, capitaine de Ste Suzanne, eût eu aucune croyance à Robert DU HAL qui allait l’avertir, ce DU HAL passant dans l’Ile pour un menteur; et surtout dans l’esprit de ROYER. Pourquoi il ne l’a pas averti le dimanche matin, voyant que ledit ROYER était venu, et que la chose était sur le point d’être exécutée ? A dit que ledit ROYER étant venu avec les habitants, et en ayant envoyé trois le matin à lui répondant pour lui en donner avis, il fut tellement saisi de frayeur qu’il ne pensa à aucune chose, sinon de se retirer dans sa maison; et d’ailleurs qu’il jugea bien qu’il était trop tard, et que les avis vingt-troisième page M. CHEREIL F. Hy de Quimper C.
1.138-1 qu’il aurait pu donner auraient causé un désordre terrible et un grand carnage. Si le même jour de l’emprisonnement, il n’a pas fait arrêter Paul DÉSIRÉ qui était au service du Gouverneur, et l’a fait mettre dans le cachot ? A dit que non. S’il n’est pas vrai qu’il dit audit Paul DÉSIRÉ qui lui demandait la raison pourquoi il le faisait mettre au cachot, que lui, répondant, avait bien fait arrêter le Gouverneur, et voulait se saisir de ceux qui étaient à son service ? A dit que non, et qu’il n’a dit autre chose audit DÉSIRÉ, sinon qu’il n’avait point à craindre et qu’on ne lui ferait pas de mal. S’il ne fit pas aussi constituer prisonniers BIDON et LA CITERNE, domestiques dudit Gouverneur, et ensuite les envoya en arrêts chez les habitants de l’Ile, avec défense d’en désemparer ni de parler à ceux qui étaient du parti du Gouverneur, sous peine d’avoir la tête cassée ? A dit qu’ils n’ont point été arrêtés par l’ordre du répondant, mais que voyant les habitants résolus de les envoyer an arrêts à St Paul, il écrivit à deux habitants dudit St Paul de les recevoir honnêtement, et qu’à son égard, il ne fit aucune défense audit LA CITERNE et vingt-quatrième page M. CHEREIL F. Hy de Quimper C.
1.138-2 BIDON d’en désemparer, du moins qu’il ne se souveint pas. Qui fit donc lesdites défenses ? A dit qu’il ne le sait pas, mais croit que ce fut FIRELIN S’il n’alla pas le même jour dîner avec FIRELIN et les autres séditieux dans la Maison du Roi, où ils firent tous la débauche pendant deux ou trois heures, pour se réjouir de ce qu’ils venaient de faire ? A dit qu’il avait coutume de manger avec les autres dans la Maison du Roi, qu’il y alla à son ordinaire, mais qu’il se retira aussitôt après son repas, et ne sait pas si les autres firent la débauche ou non. S’il ne fit pas faire plusieurs cris de «Vive le Roi» après l’emprisonnement, A dit que non. Mais pourquoi encore une fois conseiller et permettre d’arrêter le Gouverneur au milieu de l’église, avoir chanté le Te Deum après l’emprisonnement, fait tirer du canon et arborer le pavillon, s’il n’avait point de part à cette action, ainsi qu’il le veut persuader ? A dit qu’il a déjà répondu à cet article et expliqué les causes et motifs qui l’ont fait agir dans une occasion aussi difficile et aussi dangereuse. S’il n’est pas vrai que lui-même a donné l’ordre d’arrêter vingt-cinquième page M. CHEREIL F. Hy de Quimper C.
1.139-1 à tous les habitants d’arrêter le gouverneur, A dit que non. Pourquoi il dissimule si longtemps ce fait, puisque lui-même en a dressé son procès-verbal, et les raisons et motifs qui l’avaient obligé de faire arrêter le Gouverneur, et d’ordonner aux habitants de le faire; et nous lui avons en cet endroit représenté deux procès- verbaux de l’emprisonnement du Gouverneur, tous deux en date du 6 9bre 1690, de lui signés et de partie des habitants sommé de reconnaître lesdites pièces et sa signature, A dit qu’il est vrai qu’il a signé les deux procès-verbaux que nous lui avons représentés, mais que c’est FIRELIN qui les a faits et dressés, et y a fait parler le répondant comme il a voulu, ce qui est si véritable que lesdits deux procès-verbaux sont de la main dudit FIRELIN, qui, le soir de l’emprisonnement, témoigna au répondant qu’il souhaitait, pour se mettre à couvert de quelque recherche, qu’il fût fait un procès-verbal des raisons qui avaient porté les habitants à emprisonner le Gouverneur, disant que ledit Gouverneur avait de l’esprit, et que s’il venait quelque vaisseau de France, il lui pourrait bien faire une affaire; sur quoi lui, répondant, consentit et laissa faire ledit FIRELIN comme il voulait, ce qu’il ne fit que pour ôter tout lieu de défiance audit FIRELIN et pour conserver la vie au Gouverneur, dans la crainte que FIRELIN vingt-sixième page M. CHEREIL F. Hy de Quimper C.
1.139-2 ne s’en voulût défaire, par empoisonnement ou autrement, si lui répondant avait marqué de la répugnance à signer ces procès-verbaux. Pourquoi avoir souffert que FIRELIN ait porté au nom du répondant dans lesdits procès-verbaux, et les avoir signés de la sorte, s’il n’était pas le chef de cette action; et nous lui avons représenté que cette preuve littérale justifie les faits dont nous l’avons ci-dessus interrogé, qu’il a été l’auteur de cette rébellion, qu’il a excité les habitants à la faire, donné le signal et tous les autres ordres nécessaires pour y réussir disant aux habitants pour les exciter qu’ils n’avaient rien à craindre, qu’il avait de bons ordres et répondrait de tout, et était envoyé de la part du Roi dans l’Ile pour le temporel et le spirituel, que sa signature dément ses paroles, et qu’il n’est pas à croire qu’il ait signé ces procès-verbaux sans les avoir lus : A dit qu’il est vrai qu’il n’a signé lesdits procès-verbaux qu’après les avoir lus, mais que s’il a fait tous […] personnages, cela a été pour ôter aux habitants tout le soupçon et la défiance qu’ils avaient de lui, ayant feint d’approuver le procès-verbal qu’ils avaient fait, et que s’il avait apporté de la répugnance à se signer, de la manière qu’ils l’avaient fait et dressé, il préjugeait que cela les vingt-septième page M. CHEREIL F. Hy de Quimper C.
1.140-1 aurait portés à des extrémités plus fâcheuses, et à attenter à la vie du Gouverneur; qu’il a cru par là les aveugler en signant le papier qu’ils lui présentaient, et que les habitants se fiant sur ce procès-verbal signé du répondant, ils se croiraient en sûreté, et ne chercheraient pas les moyens de se défaire du Gouverneur. S’il n’est pas vrai qu’il a écrit aux habitants de St Paul que c’était par son ordre que ledit emprisonnement avait été fait, et qu’il en répondrait à qui il appartiendrait, et s’il n’a pas aussi écrit aux mêmes habitants les motifs pour lesquels il l’avait fait emprisonner, et qu’ils eussent à désarmer le nommé Jacques FONTAINE ? A dit qu’il ne dénie pas le fait, mais quand il a écrit aux habitants de St Paul de la sorte, cela a été pour deux motifs: le premier pour persuader toujours à FIRELIN et aux autres séditieux que lui, répondant, n’avait pas dessein de délivrer le Gouverneur, et l’autre parce que, connaissant l’antipathie naturelle qu’il y a entre les habitants de St Paul et de Ste Suzanne, il était persuadé que ceux de St Paul exciteraient une sédition dans l’Ile et viendraient peut-être à St Denis pour délivrer le Gouverneur, mais comme la chose était impossible, et que cela m n’aurait causé qu’une sédition vingt-huitième page M. CHEREIL F Hy de Quimper C.
1.140-2 entre les habitants, et un carnage extrême de part et d’autre, et aurait causé la mort du Gouverneur, lui, répondant, crut qu’il était plus à propos de prévenir ce désordre, et de sauver la vie au Gouverneur, en écrivant comme il fit auxdits habitants de St paul, en leur disant par sa lettre de désarmer ledit LA FONTAINE , homme qu’il connaissait factieux et entreprenant. Nous lui avons représenté que tout cela marque visiblement l’autorité qu’il avait dans l’Ile sur tous les habitants, qu’il devait s’en servir pour soutenir le Gouverneur dans sa place, et empêcher son emprisonnement, au lieu de se joindre aux séditieux et de leur donner son consentement; et qu’il n’a tenu qu’à lui d’empêcher le désordre, soit en avertissant le Gouverneur du complot, soit en se servant de l’autorité que lui, répondant, avait dans l’Ile, pour arrêter les factieux. A dit que quand il a écrit aux habitants de St Paul, la chose était déjà faite, et que lesdits habitants de St Paul # et de Ste n’étant pas capables de résister à ceux de St Denis, # il Suzanne eût été inutile de leur demander leur secours; et que cet M. CH emprisonnement a été fait avec tant de promptitude qu’il n’eut pas le temps de leur en donner avis, et que cela même eût été n’eût pas réussi servi de rien parce que les autres étaient les plus forts, et aurait excité une vingt-neuvième page M. CHEREIL F Hy de Quimper C.
1.141-1 sédition dans l’Ile. Nous lui avons représenté qu’il a eu assez de temps de les avertir puisque il a su le dessein de FIRELIN dès le 17 octobre précédant l’emprisonnement. A dit qu’il a déjà satisfait à cet article, et ne croyait pas que la chose fût sérieuse, ni qu’elle pût arriver lorsque FIRELIN la lui proposa. Nous lui avon représenté copie de ladite lettre par lui écrite aux habitants de St Paul, avec plus des certificats au pied de plusieurs desdits habitants, justifiant que ladite copie est conforme à l’original qui est demeuré aux Indes. A dit qu’il est déjà demeuré d’accord dans sa précédente réponse d’avoir écrit aux habitants de St Paul, et que, puisque elle est signée de tant de personnes, il croit bien que c’est la même, mais qu’il ne l’a écrite que par les raisons et motifs qu’il a écrit expliqués ci-dessus. Si LA FONTAINE qui’il a fait désarmer n’était pas homme affidé au Gouverneur, et par lui établi pour Capitaine du Quartier ? A dit que oui, et qu’il ne l’a fait désarmer que dans la crainte qu’il n’eût excité une sédition, ce qui n’eût trentième page F. Hy de Quimper C.
1.141-2 servi qu’à causer la mort du Gouverneur et de plusieurs autres sujets du Roi. Comment, s’il n’était pas l’auteur de cette affaire, a-t-il écrit, en ces termes, dans cette lettre: «Qui bougera ou parlera contre sera mis au cachot comme rebelle au Roi et ennemi du repos, et bien public, je suis en l’Ile pour répondre de ce que j’ai fait au Commissaire du Roi que j’attends, auquel je donnerai la clef du cachot à son arrivée»? A dit que s’il s’est servi de ces termes forts et expressifs, cela a toujours été dans la même vue, pour empêcher le désordre, et faire plus d’impression sur # ces peuples qui # l’esprit de ne se gouvernent pas aisément, et qui, étant éloignés de la F. Hy France, ne reçoivent que très difficilement des lois de M. CH personne, et que quoiqu’il ait écrit qu’il remettrait la clef du cachot au Commissaire, il n’en a jamais été saisi. Si ce n’est pas lui, répondant, qui a choisi FIRELIN pour Commandant, et a écrit aux habitants de St Paul de le reconnaître pour tel dans l’Ile, et les a obligés à le faire, nonobstant qu’ils y eussent de la résistance, et pourquoi et unième trentième page M. CHEREIL F . Hy de Quimper C.
1.142-1 il a fait choisir pour chef un homme qu’il connaissait l’auteur de la sédition et de la révolte contre le Gouverneur? A dit qu’il a conseillé aux habitants de choisir FIRELIN pour Commandant, parce qu’il était Commis de la Compagnie des Indes, et qu’il ne voyait que lui dans l’Ile qui en fût capable, et d’ailleurs que, ledit FIRELIN n’ayant pas voulu obéir au Gouverneur établi par le Roi, il y aurait peu H autre d’espérance qu’il eût obéi à aucune (H) personne, et n’aurait F Hy fait continuellement qu’exciter des troubles dans l’Ile. M. CH S’il a été plusieurs fois visiter le Gouverneur dans la prison et le consoler dans ses peines ? A dit qu’il y a été plusieurs fois mais qu’il n’y est pas allé aussi souvent qu’il eût souhaité, pour ne pas donner de défiance à FIRELIN et aux autres habitants, et parce que aussi ils allaient toujours écouter à la porte de la prison pendant que le répondant y était. Si lui, répondant,lui a témoigné qu’il n’avait pas de part à son emprisonnement ? A dit qu’il ne lui a point dit n’avoir pas de part à son emprisonnement, mais qu’il lui a témoigné qu’il avait beaucoup de regret de la chose, et qu’il lui rendrait trente-deuxième page M. CHEREIL F. Hy de Quimper C.
1.142-2 tous les services possibles. Si le Gouverneur n’a pas témoigné au répondant que celui-ci répondant était la cause de son emprisonnement ? A dit qu’il ne lui en a jamais parlé. S’il n’a pas fait arrêter LA CITERNE, valet dudit Gouverneur, # avoir voulu pour # procurer la liberté à son maître ? F. Hy A dit que non, qu’il était alors à St Paul, sept lieues M. CH de St Denis. S’il n’a pas aussi en même temps fait mettre en arrêt Paul DÉSIRÉ et Etiennette LELIÈVRE femme de HERUY charpentier parce qu’ils voulaient favoriser la liberté du Gouverneur, A dit que non. S’il n’a pas fait faire le procès audit LA CITERNE, fait assembler les habitants de l’Ile pour cet effet, et nommé lui- même neuf habitants pour le juger, A dit que FIRELIN ayant découvert que LA CITERNE avait formé le dessein de le tuer, et lui répondant et F. Anthoine son compagnon, ledit FIRELIN le fit emprisonner et écrivit au répondant qui était alors à St Paul de venir à St Denis avec les habitants de St Paul ou ceux de Ste Suzanne, s’étant trente-troisième page M. CHEREIL F. Hy de Quimper C.
1.143-1 aussi trouvés, et ayant fait preuve de l’attentat formé par ledit LA CITERNE, ils le condamnèrent à demeurer en prison jusqu’au premier vaisseau, ce qui fut exécuté sur-le-champ hors la présence de lui répondant, qui était dans son hospice et qui n’assista point à cette condamnation; qu’environ quinze trois ou quatre mois après, ledit LA CITERNE, tout prisonnier qu’il était, ayant continué dans sa résolution et fait avertir ses proposé au geôlier d’avertir ses camarades, ledit geôlier au lieu de le faire, en donna avis à FIRELIN, qui, ayant trouvé, le soir du jour où il fut averti, la serrure de la porte de la prison détachée, le fit resserrer de plus près, et manda de- rechef au répondant à St Paul la mcontinuation du mauvais dessein dudit LA CITERNE, et qu’il eût à venir avec les habitants pour y donner ordre ; que lui répondant vint encore avec lesdits habitants, et ceux de Ste Suzanne ayant été aussi mandés par FIRELIN, ils fir lesdits habitants firent le procès audit LA CITERNE, que lui répondant n’y a point eu de part, et n’a point nommé neuf habitants pour le juger. Pourquoi donc lui répondant est venu avec les habitants s’il n’a point eu de part au jugement ? A dit que FIRELIN n’avait pas mandé lui répondant ni les habitants pour juger ledit LA CITERNE, mais seulement trente-quatrième page M. CHEREIL F. Hy de Quimper C.
1.143-2 comme la première fois, pour savoir ce qu’il y avait à faire et y donner ordre, que lui répondant y est allé dans ce seul dessein, et n’a point eu de part à la condamnation. Si ce n’a pas été lui-même qui a aussi fait venir les habitants de Ste Suzanne pour juger ledit LA CITERNE, A dit que non, que cela a été FIRELIN qui a écrit aux habitants de St Paul et de Ste Suzanne en même temps, pour se rendre à St Denis qui est au milieu desdits deux Quartiers. Qui a nommé les neuf habitants qui ont jugé ledit LA CITERNE , A dit que cela a été FIRELIN, et que lui répondant se trouva par hasard à la Maison du Roi lorsque ledit FIRELIN achevait de les nommer. Pourquoi il n’a pas empêché cette condamnation et ce jugement aussi rigoureux ? A dit qu’il ne croyait pas que cela eût été à cette extrémité et qu’on l’eût condamné à la mort, mais que pour chercher seulement quelques moyens plus assurés pour l’empêcher d’exécuter son dessein. S’il n’a pas lui-même demandé la mort dudit LA CITERNE auxdits habitants, leur disant qu’il n’est pas n’était pas trente-cinquième page M. CHEREIL F. Hy de Quimper C.
1.144-1 en sûreté de sa vie, A dit qu’il n’a point demandé la mort dudit LA CITERNE, mais seulement de chercher des moyens de mettre la vie de lui répondant en sûreté. S’il n’est pas vrai que les habitants ne voulaient pas le condamner à mort, il s’emporta contre eux et alla dans sa chambre quérir un livre, dans lequel il lut auxdits habitants que par les lois du Royaume, il devait mourir, parce qu’il avait formé le dessein d’attenter à la vie de lui répondant, et s’il n’appela pas ce livre un «Code Louis», A dit que tous ces faits sont faux, et qu’il n’a jamais eu ce livre de Justice. S’il sait que FIRELIN ait assisté au jugement de mort, et qu’il avait deux voix ? A dit qu’il n’en sait rien. Si lui, répondant, n’a pas traité les habitants d’ignorants, lorsqu’ils ont voulu seulement le condamner à la prison, et à demeurer en arrêt ? A dit que non. S’il n’a pas lui-même fait signer le jugement de mort aux habitants ? trente-sixième page M. CHEREIL F. Hy de Quimper C.
1.144-2 A dit que non, et qu’il ne l’a même pas lu. Si ledit LA CITERNE n’a pas lui-même demandé grâce et la vie en se confessant à lui avant et après la confession ? A dit que non. Pourquoi il n’a pas demandé la vie dudit LA CITERNE et empêché l’exécution ? A dit que, quand il a été averti de le confesser, le Jugement de mort était rendu, qui’l a laissé faire les habitants, et n’a parlé ni pour ni contre, parce que il se serait rendu suspect à FIRELIN s’il avait demandé la vie dudit LA CITERNE ? s’il n’a pas lui d’autant que ledit FIRELIN aurait cru que le répondant aurait voulu se faire une créature et laisser toujours ledit FIRELIN au péril de sa vie. S’il ne l’a pas fait lui-même attacher au poteau où il eut la tête cassée ? A dit que non. Nous avons remontré au répondant que s’il avait consolé le Gouverneur dans sa prison, et si lui répondant n’avait point eu de part à son emprisonnement, ledit Gouverneur ni LA CITERNE n’auraient pas pensé à lui faire aucun mal, et que puisque ledit LA CITERNE par l’ordre de son maître voulait tuer le répondant, c’est une marque visible que le Gouverneur savait bien trente-septième page M. CHEREIL F. Hy de Quimper C.
1.145-1 que le répondant était le chef de la révolte. A dit que, par les rapports qu’on avait pu faire au Gouverneur, peut-être qu’il croyait que le répondant était l’auteur de son emprisonnement, quoique cela ne fût pas en effet; qu’il avait pu entendre parler des lettres que lui répondant avait écrites par les motifs qu’il a dits, et que d’ailleurs, ledit LA CITERNE pouvait vouloir du mal à lui répondant, en ce qu’il l’avait chassé du Quartier de Ste Suzanne où il vivait dans le dernier scandale, après l’avoir averti plusieurs fois de se corriger. Si ce n’a pas été lui répondant qui l’a fait aller à St Denis, et si c’était par quelque mauvais dessein contre lui ? A dit qu’il est vrai, comme il a dit ci-dessus, qu’il a chassé LA CITERNE du Quartier de Ste Suzanne, mais seulement à cause de ses débauches, et sans aucun mauvais dessein. Nous lui vons représenté deux lettres par lui écrites audit LA CITERNE, et sommé de reconnaître si elles sont de sa main, A dit que les deux lettres sont de sa main. Pourquoi il a écrit, par une de sesdites lettres du 18 Xbre 1690, en termes pleins de dérision contre le Gouverneur, et qu’il viendrait un Commissaire qui ferait justice à ses mérites, et dans un autre endroit, que ledit LA CITERNE aurait beaucoup de Trente-huitième page M. CHEREIL F. Hy de Quimper C.
1.145-2 peine à s’empêcher de blâmer ceux qui, sans aucune considération de tant debelles qualités, l’auraient réduit à vivre et dormir dans un cachot, ce qui marque toujours de plus en plus son aigreur et non animosité contre ledit Gouverneur, et que, bien loin, comme il le dissimule, d’avoir voulu lui sauver la vie, et l’avoir consolé dans sa prison, il a entré dans le complot de la révolte, et s’est déclaré chef de parti contre lui. A dit que cela a toujours été par les raisons qu’il a ci-dessus déclarées qu’il a écrit et parlé de la sorte, pour ôter à FIRELIN et aux autres de son parti tout soupçon et toute défiance du répondant, crainte que, s’ils avaient cru qu’il eût voulu penser à lui procurer la liberté, ils n’eussent précipité sa mort, comme il est arrivé dans la suite. S’il a quelque connaissance de la mort du Gouverneur, combien de temps il a été dans le cachot, et si le répondant a refusé d’aller le confesser, lorsqu’il l’a demandé en prison ? A dit que le Gouverneur a été environ vingt-et-un mois en prison, que lui répondant n’a point refusé d’ l’aller confesser, et qu’au contraire, sur ce que le Gouverneur étant en bonne santé dans la prison, lui fit demander si étant malade il irait le confesser, le répondant répartit qu’il le ferait de tout son cœur, et que même il ferait ouvrir la porte de la prison, et s’y mettrait avec ses livres pour lui rendre nuit et trente-neuvième page M. CHEREIL F .Hy de Quimper C.
C2619 1.146-1 jour les services dont il aurait besoin, et qu’à l’égard de la mort, il n’en sait pas les particularités, étant alors au Quartier de St Paul, mais qu’il a ouï dire qu’il avait été empoisonné, et nous a en cet endroit représenté trois déclarations de plusieurs habitants de ladite Ile, des l’une du 3 xbre 1694, et les deux autres sans date cotées C D E , lequelles trois pièces il a chiffrées et paraphées, ensemble lesdits deux procès-verbaux d’emprisonnement, la copie de la lettre écrite aux habitants de St Paul, et les deux lettres par lui écrites audit LA CITERNE, lesquelles pièces ont été aussi par nous signées et paraphées pour servir à l’instruction dudit procès. S’il n’écrivit pas à FIRELIN qu’il fallait enterrer le Gouverneur sans cérémonies, et qu’il n’avait pas le temps d’y aller, lui marquant dans sa lettre que le Gouverneur avait eu une maladie mort semblable sa vie, A dit que FIRELIN ayant écrit au répondant que le Gouverneur était mort, il lui fit réponse qu’il était surpris qu’on ne l’avait pas averti de sa maladie, et qu’il le fallait enterrer, parce qu’il n’avait pas la commodité d’y aller, mais que dès le lendemain il dirait la messe pour lui à St Paul, et ferait assembler les habitants, ce qu’il fit en effet, et qu’il ne peut pas se ressouvenir de ce qu’il a écrit sur la mort du Gouverneur. quarantième page M. CHEREIL P. Hy de Quimper C.
1.146-2 Quelles affaires il avait si grandes à St Paul pour ne pas aller faire les funérailles d’un Gouverneur, puisque il en était averti, et s’il n’était pas à un festin de noces lorsqu’il reçut l’avis ? A dit que ce n’a été par aucune autre raison, qu’à cause de l’éloignement et de la difficulté du chemin, qu’il ne fut H que averti (H) le soir après le soleil couché, et que jugeant qu’il P.Hy ne pouvait pas être à l’heure le lendemain à St Denis pour y M. CH dire la messe, il crut qu’il était plus à propos de faire la cérémonie à St Paul, afin de dire plutôt la messe pour lui, ce qu’il fit à la pointe du jour, ayant assemblé les habitants, où l’on fit trois décharges de mousqueterie par son ordre, et n’était point à aucun festin de noces. Nous lui avons représenté une lettre par lui écrite audit FIRELIN le 18 août 1692, signée F. Hyacinthe de Quimper, en réponse de celle qu’il avait reçue dudit FIRELIN, et sommé de reconnaître s’il l’a écrite et signée, A dit qu’il a écrit et signé ladite lettre laquelle a été par lui et par nous signée et paraphée pour demeurer au procès. Pourquoi, si tout ce qu’il a dit ci-devant était véritable, qu’il n’eût point participé à l’emprisonnement du Gouverneur, écrivait-il en ces termes: «telle vie telle mort», puisque tous les motifs et raisons qu’il a alléguées ci-dessus quarante-et-unième page M. CHEREIL P. Hy de Quimper C.
1.147-1 pour se disculper des démarches qu’il a faites devaient avoir cessé, et qu’après la mort du Gouverneur, il n’avait plus lieu de dissimuler; et lui avons remontré que ces termes d’écrire après sa mort marquent l’animosité qu’il avait contre lui pendant sa vie, et font évidemment connaître qu’il avait conspiré contre lui avec FIRELIN et les autres, pour l’emprisonner et le faire périr dans le cachot. a dit qu’il n’a point entendu autre chose par cs termes «telle vie telle mort» sinon qu’il était surpris qu’ayant été malade, il n’eût pas demandé à se confesser, et que les funérailles que le répondant lui fit faire le lendemain avec trois décharges de mousqueterie pendant la messe font bien connaître que le répondant ne lui voulait aucun mal. Si pendant les vingt-et-un ou vingt-deux mois que ledit Gouverneur a été emprisonné, le répondant n’a pas trouvé quelque occasion d’écrire en France pour avertir la Cour de ce désordre, A dit qu’il n’est venu aucun vaisseau à l’Ile de Bourbon pendant ce temps-là. Si depuis 1690 que cette affaire est arrivée, il n’en a point écrit en Cour ? A dit qu’il n’a passé autre vaisseau que celui du Sr quarante-deuxième pageM. CHEREIL P. Hy de Quimper C.
1.147-2 DEPRADES qui allait à Surate, et qui avait promis de prendre le répondant en repassant pour le ramener en France, mais que le Capitaine ayant été tué, le vaisseau est demeuré aux Indes, et n’a eu d’autre occasion d’écrire en France que par l’escadre du Sr de SERTIGNY qui l’a ramené. Si lui répondant n’a pas ensuite fait déposer FIRELIN du Commandement, et s’il n’est pas allé, armé de pistolets à sa ceinture, avec plusieurs autres habitants, investir la Maison du Roi où il était à St Denis, s’il ne l’a pas arrêté et ensuite mis au cachot, lui disant pour raison qu’il y avait bien mis un Gouverneur pour le Roi ? A dit que FIRELIN faisant des vexations à tous les habitants, ceux de St Paul prirent résolution d’aller l’arrêter à St Denis, que lui répondant leur envoya un exprès le lendemain pour leur dire de s’en revenir; et les habitants lui mandèrent qu’il n’y aurait point de désordre; mais lesdits habitants lui ayant renvoyé le lendemain un homme pour le prier de se rendre audit St Denis, il y lla le lendemain; que FIRELIN qui tenait le fort dans la Maison, vint au répondant au moment qu’il apprit qu’il était au proche de ladite maison, où lui répondant alla sans aucune arme, que le répondant lui fit donner la liberté, et empêcha qu’il ne fût mis au cachot; que Marc VIDOT qui tenait le parti dudit FIRELIN fut mis dans le cachot contre le sentiment de lui répondant, et que BIDON et ROYER quarante-troisième page M. CHEREIL P. Hy de Quimper C.
1.148-1 qui étaient aussi du même parti furent mis en arrêts dans une chambre, le tout sans la participation de lui répondant ; que voyant ces désordres, lui répondant se retira à un quart de lieue de St Denis, où les habitants le vinrent trouver, et lui dire qu’ils avaient été obligés de le mettre dans le cachot parce qu’il continuait toujours de vouloir mettre la dissention parmi les habitants, pour des écrits et libellés qu’il leur publiait, et ayant lesdits habitants témoigné au répondant qu’ils ne l’avaient accepté pour Commandant que sur la promesse qu’il leur avait faite de ne rien faire que selon Dieu et les Intentions du Roi, et sur les conseils que ledit répondant leur avait donnés de le reconnaître, il écrivit les raisons de plainte d’un chacun, et mis au pied qu’on en le reconnaîtrait plus pour Commandant, puisque qu’il ne tenait point sa parole, et qu’il n’agissait pas selon Dieu et les Intentions du Roi, depuis quoi il ne fut plus reconnu pour Commandant, et personne ne fut nommé à sa place. S’il n’a pas poursuivi une seconde fois avec les habitants ledit FIRELIN jusque dans les bois, le menaçant de faire main basse sur leurs femmes et enfants pour l’obliger de sortir de l’Ile ? A dit que quelque temps après FIRELIN ayant repris les armes, avec huit ou neuf habitants, dont Marc VIDOT quarante-quatrième page M. CHEREIL P. Hy de Quimper C.
1.148-2 et Jacques BARRIÈRE, Paul DÉSIRÉ et BIDON étaient du nombre, et ayant fait toutes sortes de vexations, disant qu’il serait Commandant malgré qui que ce soit, les habitants de St Denis et de Ste Suzanne vinrent avertir ceux de St Paul de tous ces désordres, et qu’ils n’éyaient pas en sûreté de leur vie, ce qui fit que les habitants de St Paul prirent les armes, non pas pour faire aucun mal audit FIRELIN, mais pour empêcher sa violence, et lui répondant alla avec eux sans aucune arme, ayant pris un peu de vin pour dire une messe d’actions de grâce, qu’étant arrivés à Ste Suzanne, ils furent à lieu d’arrêter ledit FIRELIN s’ils avaient voulu, mais comme ils n’avaient pas dessein de lui faire aucun mal, ils avertirent seulement ROYER son beau-père, mais n’ayant pas profité de leur avis, ledit FIRELIN se retira dans les bois où lesdits ha avec les autres de sa compagnie, sans que lesdits habitants lui aient fait aucun mal ni poursuivi davantage, et que, quelque temps après le Sr DEPRADE Capitaine du vaisseau Les Jeux l’emmena avec lui aux Indes, et LEROY, chirurgien, soit pour rendre ses comptes à la Compagnie ou parce qu’il avait appris que tous les désordres étaient venus de lui. quarante-cinquième page M. CHEREIL P. Hy de Quimper C.
1.149-1 Si lorsque le Sr DEPRADE est arrivé dans l’Ile, il l’a averti, ou quelque autre Commandant, de la révolte qui s’était faite contre ledit Sieur de VAUBOULON, A dit qu’il en donna avis au Sr DEPRADE, et qu’il croit que ce fut la cause pourquoi il emmena ledit FIRELIN. Pourquoi, puisque il avait tant d’autorité dans l’Ile, il ne s’en servit pas pour délivrer le Gouverneur, et que lui répondant, qui avait eu le pouvoir de faire FIRELIN Commandant et de le destituer quand il avait voulu, devait bien interposer son pouvoir et son crédit pour procurer la liberté au Gouverneur et empêcher tous ces désordres, A dit qu’il n’en a pas eu le pouvoir, et que lesdits habitants ne lui obéissaient que quand ils y trouvaient leur intérêt et leur avantage, qu’il n’a point fait FIRELIN Commandant, mais seulement conseillé aux habitants de le reconnaître pour Commandant, afin d’éviter de plus grands désordres, qui fussent arrivés si un autre que lui avait eu le Commandement; que quand il a été question de le destituer, tous les habitants, qu’il avait choqués et offensés, se sont unis pour leur intérêt, et pour mettre fin aux vexations qu’il leur faisait souffrir, et que tous lesdits habitants se sont quarante-sixième page M. CHEREIL P. Hy de Quimper C.
1.149-2 demandé sa destitution, à quoi le répondant n’a fait autre chose que d’y donner son consentement, mais que ledit FIRELIN était si factieux et si entreprenant, que, si ledit Sr DEPRADE eût encore tardé de quinze jours à venir dans l’Ile, il se serait fait derechef Commandant, et aurait préparé toutes choses pour cela. Lecture à lui faite du présent interrogatoire, a dit ses réponses contenir vérité, y a persisté et a signé, M. CHEREIL F. Hy de Quimper C. P. CAILLEAU Greffier Commis Du 12e mai 1697, devant Nous Conseiller et Commissaire pour continuation d’interrogatoire, ayant avec Nous pour notre Commis greffier Me Pierre CAILLEAU, de lui le serment pris en tel cas requis, et ce concurremment avec ledit Sr ESNOUFF commis pour l’instruction du procès dudit Père capucin, le serment dudit Père Hyacinthe de Quimper derechef pris de dire vérité, Interrogé s’il n’est pas vrai que le jour que le complot fut fait dans la maison de lui répondant audit St Denis quarante-septième page M. CHEREIL F. Hy de Quimper C.
1.150-1 pour arrêter le Gouverneur, et le jour pris au dimanche suivant, lui répondant et les autres factieux se recommandèrent le secret les uns aux autres, et dirent qu’on ferait main basse sur ceux qui en donneraient avis, A dit qu’il n’a point ouï parler de cela. Lorsque il fut délibéré d’arrêter le Gouverneur, et que si les autres accusés se sont recommandé le secret les uns aux autres, et dit qu’ils feraient main basse sur ceux qui le découvriraient, cela a été hors la présence de lui répondant, et sans sa participation. Si lui répondant n’a pas eu le commandement dans l’Ile, pendant quatre ou cinq mois après l’emprisonnement du Gouverneur, auparavant que FIRELIN eût été reconnu Commandant, a dit qu’il n’a point eu le commandement après l’emprisonnement du Gouverneur, et que la lettre qu’il a écrite aux habitants de St Paul le justifie assez, leur ayant marqué de s’adresser à FIRELIN pour leurs affaires. S’il n’est pas vrai que, nonobstant que lui répondnat eût fait reconnaître FIRELIN pour Commandant dans l’Ile, le répondant avait néanmoins tout pleins pouvoirs de décider de la plupart des affaires sans en demander avis audit FIRELIN. quarante-huitième page M. CHEREIL P. Hy de Quimper C.
1.150-2 A dit que non, qu’il ne se souvient pas d’avoir décidé d’aucune affaire temporelle, mais qu’il a bien pu donner quelques avis et quelques conseils dans les occurrences. S’il n’est pas vrai qu’il ne destitua FIRELIN du commandement que parce qu’il ne voulit plus obéir à lui répondant, A dit que les habitants l’ont destitué à cause des vexations qu’il leur faisait, et que lui répondant n’est allé à St Denis lorsque les habitants investirent la maison dudit FIRELIN que trois ou quatre jours après que les habitans de l’Ile y étaient allés, lesquels envoyèrent quérir le répondant par deux mousquetaires pour empêcher le désordre par sa présence. Nous lui avons représenté qu’il avait si véritablement tous pleins pouvoirs et autorité dans l’Ile, que par une de ses lettres datée du 23 août 1692 adressante audit FIRELIN  Commandant dans l’Ile de Bourbon, laquelle nous lui avons représentée dans son précédent interrogatoire, il s’est servi des termes de «très affectionné serviteur», ce qui marque son autorité absolue dans l’Ile, puisque il écrivit ainsi au Commandant. A dit qu’il n’a point su ce que signifient les termes de quarante-neuvième page M. CHEREIL P. Hy de Quimpe C.
1.151-1 «très affectionné» et ne s’en est point servi par autorité, mais seulement comme d’égal à égal, n’ayant pas appris cette petite différence dans la Religion où l’on ne se sert des termes d’«être obéissant» que lorsqu’on écrit à ses Supérieurs. Quels papiers il demandait à FIRELIN lorsqu’il le fit destituer du commandement? A dit qu’il ne lui a point demandé de papiers, et que ce furent les habitants qui lui demandèrent des papiers qu’il avait faits et dressés contre eux. S’il n’est pas vrai que c’étaient les papiers concernant l’emprisonnement du Gouverneur, lesquels il voulait retirer, crainte que n’étant plus ami de FIRELIN, ledit FIRELIN ne les produisît contre lui répondant, A dit qu’il n’a point demandé de papiers audit FIRELIN, et n’en a pas eu la pensée. Lecture à lui faite du présent interrogatoire, a dit ses réponses contenir vérité, y a persisté et a signé, cinquantième page M. CHEREIL P. Hy de Quimper C. P. CAILLEAU Greffier commis
1.151-2 Du 13e mai 1697, devant Nous Conseiller et Commissaire pour continuation d’interrogatoires, et ce concurremment avec ledit Sr ESNOUFF, le serment derechef pris dudit Père Hyacinthe de Quimper de dire vérité. Interrogé s’il n’a pas envoyé FIRELIN à St Paul pour se faire reconnaître par les habitants Commandant de l’Ile, A dit que FIRELIN y alla de lui-même et que lui répondant ne s’y opposa pas. Si lui répondant ne fit pas revenir à St Denis Paul DÉSIRÉ, lequel il avait envoyé en arrêts à St Paul, A dit que cela a été FIRELIN qui a envoyé ledit Paul DÉSIRÉ en arrêts et l’a fait revenir quand il l’a voulu. Nous lui avons représenté une lettre datée du 29e juin 1690, signée F. Hyacinthe de Quimper, et sommé de la reconnaître. A dit qu’il reconnaît avoir écrit et signé ladite lettre adressante audit FIRELIN, laquelle lettre a été par lui répondant signée et paraphée, et l’a été aussi pour Nous précédemment lors de la confrontation dudit FIRELIN avec ledit Paul DÉSIRÉ. Ce qu’il entend dire par ces habitudes que Paul DÉSIRÉ avait: A dit qu’il voulait dire que Paul DÉSIRÉ retournant à St Denis avait des habitudes dans la maison de DES ROCHERS, qu’il est cinquante-et-unième page M. CHEREIL P.Hy de Quimper C.
1 .152 une maison de désordre, dont ledit FIRELIN aurait du mécontentement, et qu’il na entendu autre chose. Lecture à lui faite du présent interrogatoire. A dit ses réponses contenir vérité, y a persisté et a signé. M. CHEREIL P.Hy de Quimper C. P. CAILLEAU.
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