Procès Vaubulon

Lettre du Gouverneur VAUBULON
à FIRELIN

2.112

Pour 
Monsieur FIRELIN Procureur
Général de l'Administration
à St Paul

24 e Janvier 1690

N'ayons point de procès ensemble Monsieur
quand vous pourrez venir ici nous aurons
le temps de nous expliquer et je vous
ferai concevoir l'avantage qu'il vous
reviendra de votre commission; au fond
quand on mange le pain des gens et qu'on
est à leurs gages on ne peut assez faire
leur avantage, or vous voyez que tout
ce que vous faites est pour le bien de la 
Compagnie. Je vous suis obligé des bons
sentiments que vous avez pour moi. Tâchons
de nous bien tirer de ce pas qui est grand.
Nous en aurons tous bien de la gloire et de
l'avantage.
Je vous ai renvoyé aujourd'hui tous les habitants
de St Paul qui sont trois qui parleront bien,
attachez-vous-y Il n'y a pas grand mal d'avoir
attendu à dimanche pour lire mes ordonnances.
Je ne doute pas qu'il ne vous ennuie de revenir
à votre magasin, mais c'est une bagatelle
au respect de ce que vous faites où vous êtes,
et d'ailleurs comme je vous ai déjà dit, M.
de CHAUVIGNY fait fort bien ce qu'il fait, il y tient,
? et on vous rendra bon compte, plût à
Dieu que nous eussions vos factures, vous
trouveriez de la besogne faite et bien faite.
Je suis fâché qu'on n'ait pas suivi le modèle
de la Règlementation que j'avais envoyée mais ils faut
aider à la lettre, je ne peux rien ordonner
sur la dite Règlementation sans y mettre "vu soit montré"
que j'ai mis du 20 e Janvier.
Il faudra que vous mettiez au-dessous vos conclusions
dans les normes que je vous ai envoyées entre le «soit
montré» et mon ordonnance, vous daterez vos 
conclusions du 21 afin qu'elles cadrent avec

2.113 mon ordonnance que j'ai datée exprès du 22 janvier Pour gagner temps et épargner la peine de mes noirs dont j'ai grand besoin . Les journées de deux noirs ne vaudront qu'une d'un habitant et vous paierez à leur maître. Il ne faut point faire de crédit à personne La Compagnie perd assez sans risquer encore le peu qu'elle a échappé du naufrage. Si le sieur DUBOY fournit de quoi acheter de l'eau-de-vie et du vin, prenez en arrhes en présence de deux témoins secrètement, cela (ceux-là) reconnaissent qu'il aura plus sauvé d'argent qu'il ne dit, ce que les témoins ont tous déposé. Je suis fâché de la peine du Sieur dit LAUNAY Je ne sais comment vous faites avec les matelots que vous avez entendus, mais tous ceux qui ont passé ici et tous les habitants font le procès de notre fol Il faut que vous vous donniez de garde d'entendre ceux que vous savez qui sont deux, les intérêts comme BIGNON contremaître et autres, outre que vous les exposez à se damner, c'est qu'assurément ils ne diront que ce qu'il voudra. Il ne faut entendre le Sieur DUBOY que quatre jours après que vous aurez fini et clos votre information Je salue tous nos amis. Faites comme nous, travaillez et ne vous ennuyez pas, ce que vous faites est de la dernière conséquence Ayez l’œil aux déportements de notre emporté. Souvenez-vous toujours que quand il aura satisfait la Compagnie, qu'il n'aura pas de quoi payer une prise d'eau de vie. Gardez bien mes lettres je vous prie et soyez secret. IL n'est pas nécessaire qu'on sache nos pensées. Je crois que Monsieur MUSSARD a soin de vous si vous avez besoin de l'argent qu'a M. BIDON, tout est à votre service. Sachez tout ce qui se passe et m’en donnez avis, les gens du port se font un divertissement de savoir ce qu'on fait et ce qu'on dit tout, à vous du commandant. Signé VAUBOULON ce 29 e Janvier 1690 C'est à vous Monsieur à retirer toutes les armes qu'on a sauvées du navire. Elles sont à la Compagnie et doivent être mises avec le reste. Si à votre parole on n'obéit pas, vous pouvez de votre chef faire une ordonnance dans laquelle vous ordonnez à tous officiers et matelots d'apporter ces armes sinon que vous y pourvoirez par les voies de droit.
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