Procès Vaubulon

Journal de la maladie de VAUBOULON

2.196

Xx août 1692
Journal de la maladie de Monsieur
de VAUBOULON étant au cachot dont
il est mort.

Le 9e août 1692 le dit Sieur de VAUBOULON me fit dire par
Emmanuel de MATTES portugais qui lui portait pour son manger
qu’il ne se sentait pas bien, l’ayant été voir je le trouvai avec un
peu de fièvre, la respiration un peu fréquente, se plaignant de
douleurs au côté, je le dit à Monsieur FIRELIN qui pour lors commandait
dans l’île, et qu’il lui fallait ôter ses fers pour le soigner,
il lui fit ôter. Le soir je lui donnai un clystère qui le fit vider 
y ayant deux jours qu’il n’avait été à la selle et dont il se
trouva fort soulagé
Le lendemain matin 10e je le saignai, le soir je lui fis boire et
ce qui était qu’il se trouvait mieux.
Le 11e je trouvai sa fièvre augmentée, me dit qu’il avait passé la 
nuit avec grande chaleur et altération et qu’il sentait des douleurs
dans la poitrine de temps en temps comme s’il lui avait
quelque chose qui le piquait et principalement quand il toussait
et qu’il respirait je réitérai la saignée et le clystère  et lui fis
une tisane pectorale à la commodité du pays et lui
donnai le soir une apozème 
Le 12e je le trouvai mieux je le laissai de repos, il demanda
à avoir la porte de son cachot ouverte. Je le dit à Monsieur FIRELIN
il lui accorda.
Le 13e je le trouvai avec fièvre, la respiration empêchée
comme auparavant douleur au côté, je réitérai la saignée le soir
il me dit qu’il sentait du soulagement.
Le 14e il lui survient un frisson sur les 9 ou 10 heures du
matin qui lui dura deux heures suivi d’un fort accès
de fièvre, le soir étant à parler avec moi, il cracha
une humeur fort mucilagineuse quelque peu sanguinolente
Le 15e il fut assez en repos et soupa assez bien
Le 16e Il passa assez bien la journée n’ayant que quelque
peu d’émotion et nous étions convenus ensemble que je 
le purgerais 
Le 17e au matin je le trouvai avec grande douleur

2.197 diserte, quoique peu de fièvre, la respiration assez libre, le soir je trouvai la fièvre augmentée et me dit qu’il avait bien du chagrin de se voir incommodé comme il était dans un lieu de même et qu’il croyait être attaqué par les poumons, je le consolai du mieux qu’il me fut possible, et lui dit si il souhaitait voir le R. Père Hyacinthe qui était pour lors à St Paul, que je lui écrirais ou que je le dirais à Monsieur FIRELIN, il me fit réponse qu’il lui avait demandé assez de fois à se confesser, qu’il lui avait refusé et qu’il fallait plutôt prier Dieu qu’il nous en renvoyât un autre, que demain il souhaiterait bien parler à Monsieur FIRELIN, je lui dis, il me dit qu’il l’irait voir Le 18e je fus avant le jour avec le Sieur BIDON chez le Sieur TALHOIT habitant au Butor pour soigner sa négresse, en nous en revenant je trouvai le matelot qui venait nous chercher et nous dit que Monsieur FIRELIN lui avait dit de porter un bouillon au Sieur de VAUBOULON, et qu’il l’avait trouvé encore assis sur sa chaise de commodité au côté de son lit, la tête à côté dessus, étant arrivé je fus au cachot le voir et trouvai maître Pierre le forgeron à la porte, ouvrier de la Compagnie, et trouvai le Sieur de VAUBOULON sur son lit que l’on avait mis, je lui découvris le visage et vit qu’il rendait de la matière comme pus par la bouche, et le Sieur FIRELIN me dit de préparer ce qu’il me fallait pour l’ouverture peu après arrivèrent les habitants des Butors auxquels Monsieur FIRELIN témoigna l’accident arrivé au Sieur de VAUBOULON et fit ensuite apporter le corps dans le logis, et le Sieur FIRELIN parla aux dits habitants de l’ouverture sur quoi ils dirent que je leur ferai accroire ce que je voudrais et qu’il ne connaissait rien à cela, et que si Monsieur ROYER y était, que cela serait bon et le pauvre défunt fut enterré après midi
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