Procès Vaubulon

Interrogatoire de Robert Du HALLE

1.096

                                  Interrogatoire fait par nous
                                  Mathurin  CHEREIL, Sr de la RIVIÈRE, Conseiller du Roi au Présidial
                                  de Rennes, Commissaire subdélégué en cette partie de Monseigneur
                                  BECHAMEIL de NOINTEL, Conseiller du Roi en ses Conseils, Me des
                                  Requêtes Ordinaire de son hôtel, Commissaire pour l'exécution des ordres
                                  de Sa Majesté en Bretagne aux fins de l'arrêt du Conseil d'Etat
                                  du 23 mars dernier, et de l'ordonnance de subdélégation de Mondit
                                  Sr de NOINTEL du 24e avril au nommé Robert DU HALLE
                                  détenu prisonnier aux prisons de Rennes, et ce en conséquence
                                  de notre ordonnance rendue contre lui le 30e avril dernier
                                  à la requête d'André Joseph Pierre GREFFIER, Ecuyer Sr DU BOIS
                                  LAUNAY , Procureur du Roi au Présidial de Rennes, commis par Mondit
                                  Sieur de NOINTEL pour faire les fonctions de procureur de Sa Majesté
                                  en cette partie ,instructeur  et accusateur # ayant avec nous pour
                                  notre Commis Greffier Me Pierre CAILLEAU, de lui le
                                  serment pris en tel cas requis et y a été procédé comme
                                  en suit le serment fait par ledit DU HALLE de dire vérité,
                                  et ce concurremment avec N et D, Messire André ESNOUF prêtre ( H )
                                  Vicaire Général de Monseigneur le Révérend Évêque de Rennes commis
                                  pour l'instruction du procès du Père Capucin.

# contre le père                  Du 4e mai 1697, en la Chambre Criminelle
Hyacinthe de Quimper capucin      des Prisons de Rennes
ledit Robert DU HALLE
et autres complices
déférés et accusés                Interrogé de son nom,  âge, qualité, profession,

                                  Première page
                                  M. CHEREIL       
# docteur en
théologie

1.097-1 A dit avoir nom Robert DU HALLE, forgeron de sa vacation, ci-devant habitant de l'Ile de Bourbon ou Mascarin, âgé de trente et neuf ans, natif de la paroisse de Pleudihen, évêché de Dol, à présent détenu prisonnier en les prisons de Rennes. Interrogé s'il a eu copie dudit arrêt du Conseil d'Etat du 23 mars dernier, et de l'ordonnance de Mondit Sieur de NOINTEL du 24e avril aussi dernier portant notre subdélégation pour l'instruction dudit procès. A dit qu'il a eu copie dudit arrêt du Conseil d'Etat et Commission sur celui-ci et de ladite ordonnance de subdélégation. Nous lui avons déclaré que conformément audit arrêt du Conseil d'Etat et ordonnance de mondit Sr de NOINTEL portant notre subdélégation, nous instruisons son procès pour être ensuite jugé par mondit Sieur de NOINTEL souverainement et en dernier ressort avec les Officiers du Présidial de Rennes aux termes dudit arrêt du Conseil d'Etat. A dit qu'il en sera comme il plaira à la Justice. Interrogé combien il a été de temps dans ladite ile de Bourbon, a dit qu'il y a été deux ans moins deux mois, y ayant passé trois avant le Sieur de VAUBOULON Gouverneur. Si à l'arrivée dudit Sieur de VAUBOULON il ne fut pas reconnu Gouverneur dans l'Ile par tous les habitants, et si le Père Hyacinthe [deuxiè]me page M. CHEREIL Robert DU HAL
1.097-2 de Quimper, Capucin, n'arriva pas avec lui dans la même Ile, A dit qu'ils arrivèrent le 4e ou 5e xbre de l'année 1689, et que ledit Sieur de VAUBOULON y fut reconnu comme Gouverneur pour le Roi. S'il a vu ledit Gouverneur, le Père capucin, et FIRELIN en bonne intelligence après leur arrivée, A dit qu'il ne lui a pas paru qu'ils aient été en méchante intelligence. Si le Gouverneur, auparavant son emprisonnment, n'avait point eu de dispute avec le Père capucin, A dit qu'il n'en a pas la connaissance . Si FIRELIN et le gouverneur n'ont pas eu querelle ensemble auparavant l'emprisonnement du Gouverneur, A dit qu'il a ouï dire que le Gouverneur avait frappé FIRELIN dans le magasin, sans néanmoins l'avoir vu ni en savoir le sujet. En quel temps il a eu connaissance de la conspiration faite contre ledit Gouverneur, et quelles ont été les premières personnes qui lui ont proposé d'y entrer, A dit que le Père Hyacinthe de Quimper ayant marqué ? de la Présentation de la Vierge 21e 9bre pour être gardée ? troisième page M. CHEREIL Robert DU HAL
1.098-1 ? et lesdits habitants de St Denis étant éllés le matin à la chapelle pour y faire les prières, le Gouverneur demanda qui avait ordonné cette fête, parce qu'elle ne devait pas être gardée, et qu'il voulait que les ouvriers eussent travaillé, et néanmoins envoya la clef de la chapelle et permit de faire la prière ; mais un des habitants nommé Arzur GUICHARD ayant sonné la cloche comme c'était la coutume, ledit Gouverneur envoya deux de ses gens qui arrêtèrent ledit GUICHARD et le mirent au cachot, que lesdits habitants allèrent faire excuse au Gouverneur pour ledit GUICHARD et lui demander sa liberté, ce qu'il ne leur voulut accorder, et ne fit mettre ledit GUICHARD hors du cachot que le soir du même jour, ainsi que croit le répondant; que le 23e du même mois, le Père hyacinthe, capucin, étant venu audit Quartier de St denis, lui répondant, jacques BARRIÈRE et jacques MAILLOT allèrent saluer le Père, comme c'était la coutume, qu'il ne sait point pour quel sujet il était venu, mais que ledit FIRELIN lui avait écrit le jour précédent et envoyé sa lettre par le nommé Joseph ANGO, sans savoir ce que portait la lettre; que lui, répondant, et ledit BARRIÈRE et MAILLOT trouvèrent le Père avec FIRELIN, que ledit Père leur demanda d'abord si ledit GUICHARD était hors de prison, à quoi ils répondirent qu'il en était hors, et lors ? ?trième page M. CHEREIL Robert DU HAL
1.098-2 # avec les ouvriers arrêté V. D M.CHEREIL ? il repartit que le Gouverneur était un méchant homme, et que le Roi avait la guerre pour la Religion, et qu'il ne savait point ce que le Gouverneur était; que si on n'y voulait pas apporter remède, il ne pouvait plus administrer les sacrements, sur quoi lui, répondant, et les deux autres lui ayant demandé quel remède, il leur dit qu'il fallait l'arrêter, et que s'il avait été présent lorsque ledit GUICHARD avait été mis au cachot, ou s'il l'y avait encore trouvé, il aurait arrêté lui-même le gouverneur # et qu'ils étaient des ignorants de l'avoir pas fait; que lui, répondant, et lesdits BARRIÈRE et MAILLOT dirent au père q comment ils pourraient faire cela et qui en répondrait, et alors le Père leur dit qu'il en répondrait lui-même, et qu'il revenait repasserait en France avec ledit Gouverneur pour informer le Roi de tout ce que ledit Gouverneur avait fait dans l'Ile; que sur- le- champ il fut délibéré d'arrêter ledit Sieur de VAUBOULON le dimanche en suivant, lorsqu'il irait à la messe, et qu'on se saisirait de sa personne lorsqu dans le temps que le Père serait prêt de faire l'eau bénite, disant ledit Père Hyacinthe qu'il avait de bons ordres, qu'il était envoyé du Roi aussi bien que ledit Sieur de VAUBOULON, et qu'il répondrait de t? que ledit Père et FIRELIN dirent qu'il était bon d'avoir ? ou quatre habitants de Ste Suzanne pour empêch? cinquième page M. CHEREIL Robert DU HAL
1.099-1 ? n'arrivât du désordre, ensuite que lui, répondant, leur marqua qu'il y allait ce jour pour en apporter du riz, ils lui dirent d'avertir trois ou quatre habitants de se trouver le samedi au soir à St Denis chez DES ROCHERS, et FIRELIN lui dit aussi d'avertir le nommé ROYER, lui disant qu'il le savait il y avait longtemps, ensuite a dit que ledit Père et FIRELIN ne lui dirent point d'avertir trois ou quatre habitants et qu'il s'est mépris sur cet article, lui ayant été seulement dit par ledit Père et FIRELIN d'avertir ROYER de trouver trois ou quatre habitants et de les amener le samedi au soir à St Denis pour le dimanche matin arrêter le Gouverneur, et que ledit FIRELIN lui dit que ledit ROYER le savait il y avait longtemps; qu'il s'acquitta de sa commission vers ledit ROYER qui ne lui marqua point le savoir, ainsi que ledit FIRELIN avait dit, et que ledit ROYER l'envoya avertir deux des h trois habitants dudit Quartier, dont il y en a deux en cette prison, nommés LA ROCHE, et VIDOT, et le 3e est dans l'Ile nommé Jan MACAST, de se rendre chez ce ROYER s'ils voulaient aider à arrêter le Gouverneur, que lesdits trois particuliers dirent à lui, répondant, qu'ils le voulaient bien faire, et vinrent parler audit ROYER le lendemain matin, où lui, répondant, s'étant trouvé aussi, ledit ROYER lui dit qu'il pouvait assurer le Père qu'il irait le samedi au soir avec lesdits trois particuliers [sixièm]e page M. CHEREIL Robert DU HAL
1.099-2 ? que ledit ROYER vint à St Denis le samedi au soir avec tous les habitants au nombre de quinze ou seize, et couchèrent chez le nommé BARRIÈRE dit DES ROCHERS; que le lendemain matin ledit ROYER envoya quatre habitants pour parler au Père, et les avait nommés et destinés dès le soir du samedi pour arrêter le Gouverneur, savoir, lui, répondant, LA ROCHE, marc VIDOT et Jean MACAST; que lui, répondant, n'alla point trouver le Père le matin, mais alla dans la maison où étaient les ouvriers, auxquels FIRELIN donna un pot d'eau-de-vie et aux autres qui s'y trouvèrent, pour les exciter à avoir meilleur courage à exécuter leur dessein, leur disant de boire pour ensuite aller arrêter le Gouverneur; que les trois autres, VIDOT, LA ROCHE, et jean MACAST vinrent aussi dans la même maison, qu'ensuite ils allèrent tous à l'église, et que le Gouverneur y étant venu au son de la cloche, il fut arrêté par lui, répondant, et les trois autres, que le Père capucin allait faire l'eau bénite, et le Gouverneur lui dit « Mon Père, sauvez-moi la vie»; que ledit père capucin se deshabilla, prit un bâton en sa main, et dit qu'il fallait arrêter ce voleur-là, et lors, jacques BARRIÈRE DES ROCHERS tira une corde, avec laquelle il lia les mains du Gouverneur qui fut conduit par le Père et les habitants dans la cour de la Maison du Roi, où FIRELIN ? avec deux pistolets à la main, et ledit ROYER et les autres hab?. de Ste Suzanne qu'il avait amenés, que les habitants ? septième page M. CHEREIL Robert DU HAL
1.100-1 ? demandé en quelle chambre il le fallait mettre, le Père dit qu'il le fallait mettre en prison, et y fut mis en effet avec les fers aux pieds, qui lui furent attachés par le serrurier de la Compagnie des Indes, et la clef de son cachot donnée par le Père à FIRELIN; qu'incontinent après ils retournèrent à l'église, où le Père chanta et fit chanter le Te Deum par les habitants, et dit la messe ensuite ; que néanmoins il ne sait pas positivement si le Te Deum fut chanté durant ou après la messe, et que ledit Père ou FIRELIN firent tirer des coups de canon, et crier Vive le Roi en réjouissance de l'emprisonnement qu'ils venaient de faire. S'il n'a pas plus tôt su le complot fait pour emprisonner le Gouverneur, A dit qu'il ne l'a point su plus tôt qu'il vient de le déclarer dans sa précédente réponse. Si lorsqu'on proposa d'emprisonner le Gouverneur, il n'y avait pas plusieurs habitants qui voulaient le tuer, A dit qu'il n'en a pas entendu parler. Si depuis les coups de canne donnés à FIRELIN par le Gouverneur, il n'a pas été plusieurs fois porter des lettres de FIRELIN au Père Hyacinthe de Quimper, et s'il n'a pas aussi (huit)ième page M. CHEREIL Robert DU HAL
1.100-2 porté plusieurs lettres dudit Père Hyacinthe à FIRELIN, A dit qu'il ne se souvient pas en avoir porté depuis les coups de canne donnés à FIRELIN jusqu'au jour de l'emprisonnement du Gouverneur. Si quelques jours auparavant l'emprisonnement, se promenant aux environs du lieu des Butors avec le Père Hyacinthe de Quimper, tout proche St Denis, et ayant rencontré Etiennette LELIÈVRE, femme de HERUY Comp charpentier il ne quitta pas ledit Père capucin pour venir # à cette # dire femme que le dimanche suivant on mettrait le M. CHER Gouverneur dans le cachot, et que si elle en parlait, sa vie était au bout de son fusil, a dit qu'il est bien vrai qu'il s'est promené avec le Père audit lieu des Butors quelques jours auparavant l'emprisonnement du Gouverneur, et qu'il vit ladite femme, mais qu'il ne lui a point confié le secret, ne la croyant pas capable de le garder. Qui arrêta le premier dans l'église le Gouverneur et lui ôta son épée ? A dit que LA ROCHE le saisit le premier et lui ôta son épée, que lui, répondant, se mit derrière lui et le prit par le bras pour le faire s'asseoir dans son fauteuil et ? VIDOT tira un grand couteau d'environ un pied ? neuvième page M. CHEREIL Robert DU HAL
1.101-1 ? et n'a rien entendu dire lors par ledit VIDOT. Si le même jour les domestiques du Gouverneur ne furent pas aussi arrêtés, et par quel ordre ? A dit qu'ils furent arrêtés par l'ordre du Père et de FIRELIN. S'ils furent mis en prison ou envoyés en arrêt ? A dit que deux nommés BIDON et LA CITERNE furent mis en prison, et ne sait point si les autres furent mis en arrêt et croit qu'ils étaient libres. Si quatre mousquetaires n'allèrent pas le même jour arrêter Paul DÉSIRÉ à un quart de lieue de St Denis, si lui, répondant, n'en était point un, et qui le fit arrêter, A dit qu'il est vrai que que quatre mousquetaires allèrent l'arrêter aux Butors proche St Denis, que lui, réoindant, n'y alla point, et ne sait par quel ordre il fut arrêté. S'il n'a pas connaissance que le nommé LA FONTAINE habitant de St Paul fut désarmé dans le même temps, a dit que le Père envoya une lettre aux habitants dudit St Paul, où il leur ordonnait de le désarmer, et cela a été en effet par les habitants. Si FIRELIN ne fut pas fait Commandant après l'emprisonnement du Gouverneur, A dit que quelque temps après l'emprsonnement du gouverneur, (dixie)me page M. CHEREIL Robert DU HAL
1.101-2 ... ledit FIRELIN fut fait Commandant de l'Ile par le conseil du Père, qui le proposa aux habitants, et que quelques uns des habitants y auraient répugnance, ne signèrent pas tous la délibération qui fut faite pour le choisir Commandant. Combien de temps le Gouverneur a été en prison, et s'il a toujours eu les fers aux pieds, A dit qu'il a été en prison vingt-deux mois et que quand il l'a vu, il a toujours remarqué qu'il avait les fers aux pieds. S'il a connaissance que pendant que le Gouverneur a été en prison, il a été maltraité, soit de paroles ou autrement, A dit que lui, répondant, a fait la garde à son tour auprès de la prison du Gouverneur, et qu'il n'a pas vu qu'il ait été maltraité dans la prison. S'il sait de quelle maladie est mort le Gouverneur ? A dit qu'il n'en sait rien que par avoir ouï dire à HERUY, charpentier, et Etiennette LELIÈVRE sa femme que FIRELIN l'aurait fait empoisonner. Si lui, répondant, l'a vu après sa mort, et s'il était beaucoup changé, A dit qu'il ne l'a point vu, étant alors à sept lieues onzième page M. CHEREIL Robert DU HAL
1.102-1 avec le Père dans le Quartier de St Paul, aux noces de la sœur de la femme de lui répondant. Quel jour il fut averti de la mort du Gouverneur, A dit que le lundi 18e août au soir 18e août, étant au festin de la noce avec le Père, la nouvelle de la mort du Gouverneur, et lors le Père dit que personne n'allât que à St Denis, qu'à la St Louis, et qu'ils iraient ensemble, et dit au répondant qu'il ne s'en allât pas non plus, et qu'il allait écrire à FIRELIN. Si en apprenant au Père la mort du Gouverneur, on ne lui mandait pas d'aller à St Denis pour faire les funérailles, A dit qu'il ne vit pas la lettre, mais qu'il ouït dire qu'on mandait le Père et tous ceux qui voudraient aller aux funérailles, qu'il croit que personne de ce quartier-là n'alla à l'enterrement, et que tous les habitants dudit quartier se rendirent audit St Denis par l'ordre du Père Hyacinthe la veille de St Louis, pour le lendemain faire un service au Gouverneur. S'il sait pourquoi LA CITERNE, valet du Gouverneur, a été arrêté et mis au cachot, A dit que FIRELIN le fit arrêter, parce que ledit LA CITERNE aurait formé le dessein de tuer ledit FIRELIN, le Père capucin et le frère Anthoine son compagnon. (douzièm)e page M. CHEREIL Robert DU HAL
1.102-2 S'il était présent lorsque ledit LA CITERNE a été condamné à avoir la tête cassée, A dit qu'il n'était point du nombre de ceux qui l'ont condamné, qu'ils étaient neuf qui le jugèrent, et ne sait si FIRELIN était présent. Si ledit Père hyacinthe capucin était présent, par quel ordre les habitants étaient assemblés, et qui nomma les neuf juges, A dit que le Père entra deux ou trois fois dans la # neuf chambre où lesdits # habitants le jugèrent pendant qu'ils V D y étaient assemblés; que les habitants de l'Ile vinrent M. CH à St Denis pour juger ledit LA CITERNE par l'ordre du Père Hyacinthe et de FIRELIN. Qu'il a entendu le Père dire qu'il fallait nommer neuf habitants pour juger ledit LA CITERNE, qu'il ne sait pas lequel des deux les nomma, et qu'il croit que ce fut l'un et l'autre. S'il n'a point vu le Père ou FIRELIN s'emporter contre les habitants qui ne voulaient pas condamner ledit LA CITERNE, a dit qu'il a vu le Père s'emporter contre les habitants, et leur dire qu'il demanderait justice au Roi s'ils ne voulaient pas la faire audit LA CITERNE, et mettre les Capucins en sûreté de leur vie. S'il a vu le Père capucin apporter un livre p? treizième page M. CHEREIL Robert DU HAL
1.103-1 … condamner ledit LA CITERNE, et faire signer sa condamnation de mort aux habitants, A dit qu'il a ouï dire que le Père capucin avait apporté un livre pour faire condamner LA CITERNE , mais qu'il n'était pas lors présent, et qu'il a vu ledit Père faire signer le jugement de mort dudit LA CITERNE aux habitants après qu'il eût dressé et apporté par les neuf qui avaient été choisis, que plusieurs ne le voulaient pas faire, et que ledit Père s'emporta en disant ces paroles: 'Morbieu quatr on cassera la tête au premier qui ne la voudra pas signer', qu'ensuite ledit Père confessa LA CITERNE et le conduisit au poteau. Combien de temps ledit FIRELIN a été Commandant dans l'Ile, pourquoi il a été destitué et par quel ordre, A dit qu'il ne peut pas dire positivement combien de temps il a été Commandant dans l'Ile, mais qu'il a été destitué par l'ordre du Père capucin, à cause des exactions qu'il faisait sur les habitants. Comment se prit le Père capucin pour destituer ledit FIRELIN, A dit que le père capucin vint à St Denis, où il se joignit aux habitants qui avaient déjà investi la maison dudit FIRELIN et l'obligea de se rendre, et que lui, répondant, serait aussi ?eme page M. CHEREIL Robert DU HAL
1.103-2 …joint aux autres habitants à cause des vexations de FIRELIN Si après que ledit FIRELIN se fut rendu il fut mis dans le cachot et par quel ordre ? A dit que le Père capucin et LA FONTAINE habitant de St Paul le firent mettre dans le cachot où il demeura quelque temps. Si FIRELIN étant sorti du cachot, le Père capucin ne l'a pas poursuivi jusque dans les bois pour l'obliger à sortir de l'Ile, # que A dit que quelque temps après # être sorti ledit FIRELIN # sorti du V D cachot, il se réconcilia avec le Père qui le maria avec la M.CH fille de ROYER, mais que ledit FIRELIN n'avait plus le # fut commandement, et que personne ne commandait dans l'Ile; V. D que ledit FIRELIN s'étant ensuite brouillé avec le Père, et M.CH ayant pris les armes avec huit ou neuf personnes, ledit Père fit assembler les habitants de St Paul, et alla avec eux à Ste Suzanne pour savoir ce que FIRELIN voulait faire; que ledit FIRELIN se retira dans les bois, et passa ensuite à Surate dans le vaisseau Les Jeux. Qui l'avait porté à se révolter ainsi contre le Gouverneur? A dit que le Gouverneur lui avait ôté tout ce qu'il avait dans l'Ile et le menaçait de lui faire perdre la vie quinzième page M. CHEREIL Robert DU HAL
1.104-1 ainsi que lui a dit le Sieur de CHAMIGNY qu'on disait être son lieutenant; que ledit Gouverneur déchira les certificats que le répondant avait du précédent Gouverneur, et lui fit beaucoup de vexations, l'ayant jusque à trois fois enfermé dans sa chambre, et menacé de le tuer s'il ne lui donnait pas de l'argent pour son habitation qu'il avait achetée et payée du temps du précédent Gouverneur; que néanmoins il ne pensait pas à lui faire aucun mal au Gouverneur, ni à l'arrêter, et que ce fut FIRELIN et le Père qui lui conseillèrent et aux autres de le faire, ainsi qu'il a dit dans ses précédentes réponses; que les autres habitants avaient aussi beaucoup de sujet de se plaindre des vexations dudit Gouverneur, mais que aucune personne ne lui a proposé de l'arrêter autre que ledit père capucin et FIRELIN, qu'il n'en avait pas le dessein auparavant. Lecture faite du présent interrogatoire, A dit ses réponses contenir vérité, y a persisté et a signé, M. CHEREIL Robert DU HAL P. CAILLEAU Greffier commis seizième page
1.104-2 Du 17e mai 1697, devant Nous Conseiller et Commissaire par continuation d'interrogatoire, ayant avec nous pour notre Commis Greffier Me Pierre CAILLEAU de lui le sermient pris en tel cas requis et ce concurremment avec ledit Sieur ESNOUF commis pour l'instruction du procès du Père Hyacinthe de Quimper, capucin, le serment derechef pris dudit DU HAL de dire vérité Interrogé si le jeudi précédant l'emprisonnement du Gouverneur lui, répondant, étant allé voir le père capucin avec les autres, dont il a parlé dans ses précédents interrogatoires, il ne dit pas que c'était trop souffrir du Gouverneur, et qu'il fallait l'arrêter, A dit que non. Si le même jour il n'interrompit pas le Père Hyacinthe capucin qui lui faisait récit des fatigues de son voyage, en lui disant que lui, répondant, et ceux de sa Compagnie étaient venus pour autre chose et qu'il fallait arrêter le Gouverneur, A dit que non. Si lui, répondant, n'a pas conduit lui-même le Gou(verneur) dans le cachot, qui lui a donné la clef et à qui il (………. dixseptième page M. CHEREIL Robert DU HAL
1.105-1 A dit qu'il n'a point conduit le Gouverneur dans le cachot, étant allé dans la chambre dudit Gouverneur prendre son lit pour le porter dans le cachot; que lors que lui répondant étant descendu dans le cachot, il y trouva le Gouverneur, les fers aux pieds, ne sait qui donna la clef pour ouvrir le cachot, mais a vu le Père Hyacinthe de Quimper cap. la donner à FIRELIN après que le Gouverneur y eut été enfermé, en disant audit FIRELIN qu'il en eût soin. S'il ne sait point que FIRELIN avait proposé au Père Hyacinthe capucin d'arrêter le Gouverneur longtemps avant son emprisonnement, A dit que non. S'il sait que ledit Père Hyacinthe capucin a demandé des papiers à FIRELIN, lorsqu'il le fit destituer du commandement, A dit qu'il n'a été demandé autres papiers à FIRELIN que ceux qu'il avait faits et dressés contre le nommé FONTAINE du quartier de St Paul, lequel avait été obligé de quitter son habitation par les vexations que lui faisait ledit FIRELIN sans en savoir le répondant par quel prétexte ledit FIRELIN poursuivait ainsi ledit FONTAINE. (dixhuiti)ème page M. CHEREIL Robert DU HAL
1.105-2 Lecture à lui faite du présent interrogatoire, a dit ses réponses contenir vérité, y a persisté et a signé, M. CHEREIL Robert DU HAL P. CAILLEAU Greffier commis dix-neuvième page.
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