Procès Vaubulon

Assignation des témoins
DÉSIRÉ Paul

  
1.046

            28 avril 1697

Information faite par nous
Mathurin CHEREIL, Sieur de La Rivière, Conseiller du Roi au
Présidial de Rennes, Commissaire subdélégué en cette partie de
Monsieur de BECHAMEIL de NOINTEL, conseiller du Roi en ses
Conseils, Maître des requêtes, ordre de son Hôtel, commissaire pour
l'exécution des ordres de Sa Majesté en Bretagne, aux fins
de l'arrêt du Conseil d'Etat du 23e mars dernier, et de
l'ordre de subdélégation de mon dit Sieur de NOINTEL du 24e
du présent mois d'avril, à la requête d'écuyer André Joseph
Pierre greffier, Sieur DU BOIS LAUNAY, Procureur du Roi au
Présidial de Rennes, commis par mon dit sieur de NOINTEL 
pour faire les fonctions de Procureur de Sa Majesté en cette dite
partie, ? les accusateurs contre les nommés le Père
Hyacinthe de Quimper, Capucin ci-devant aumônier
en l'Ile de Bourbon, et de Michel FIRLIN, Robert DU HALLE,
LA ROCHE et Jacques BARRIÈRE et autres leurs complices,
défendeurs des accusés, à laquelle information avons
procédé, ayant avec nous pour notre commis greffier
Me Pierre CAILLEAU, de lui le serment pris en tel cas
requis, ainsi qu'il ensuit,

du 28e avril 1697, en la ville de                        


1Paul DÉSIRÉ, Maître de chaloupe ?


première page           M. CHEREIL

1.047 ? au Port-Louis et ci-devant en l'Ile de Bourbon, âgé de quarante et quatre ans, lequel, après serment par lui fait de dire vérité, et qu'il nous a dit n'être parent, allié, serviteur ni domestique des parties, et nous a représenté l'exploit d'assignation à lui donné ce jour pour déposer en ladite information; enquis des faits de la plainte dudit Sieur Procureur du Roi, de laquelle nous lui avons fait lecture : Dépose qu'il y a huit ans qu'il partit du Port-Louis dans un navire de la Compagnie des Indes nommé le St-Jean pour se rendre dans l'Ile de Bourbon, où le bâtiment devait mettre à terre le Sieur de VAUBOULON qui y allait Gouverneur pour le Roi, le Père Hyacinthe de Quimper, aumônier, le nommé FIRLIN, Commis de ladite Compagnie des Indes pour ladite Ile de Bourbon, et plusieurs ouvriers, et, de là, faire voile aux Indes; que le navire s'étant perdu à l'anse de St Paul de ladite Ile de Bourbon, le reste de l'équipage qui se sauva du naufrage mit pied à terre dans ladite Ile de Bourbon, où H ledit Sieur de VAUBOULON eut été reconnu Gouverneur de l'Ile par tous les habitants, et FIRLIN pour Commis de la Compagnie, partie dudit équipage s'embarqua deux ou trois mois après dans le vaisseau Les Jeux pour revenir en France; que lui déposant fut retenu par le Sieur ? après que seconde page M. CHEREIL
1.048 de VAUBOULON, et y resta à son service jusqu'à l'emprisonnement de celui-ci, sieur de VAUBOULON, que lui, témoin, n'était pas présent lorsqu'il fut arrêté, étant allé voir un malade à un quart de lieue de St Denis; que le même jour de l'emprisonnement dudit Sieur de VAUBOULON et incontinent après qu'il eut été arrêté, il vint dans le lieu où était le témoin quatre mousquetaire qui, le voyant, lui crièrent d'arrêter, et de jurer ? l'arrêt en ces termes: de la part du Roi et dudit sieur de VAUBOULON; et sur ce que le témoin répondit qu'il était serviteur du Roi, lesdits mousquetaires lui répartirent qu'ils l'arrêtaient de la part d' Illustrissime Révérend Père, et le témoin ayant demandé si le pape était dans l'Ile, il lui fut répondu que c'était de la part du Révérend Père Hyacinthe; que lesdits mousquetaires se saisirent de sa personne et le conduisirent à St Denis où il vit partie des habitants sous les armes, les portes des maisons fermées, et fut mis dans un cachot par l'ordre dudit Père Hyacinthe qui était présent, quoique le témoin n'eût rien fait qui le méritât ayant toujours servi fidèlement ledit Sieur de VAUBOULON, sur quoi ayant demandé audit Père Hyacinthe pourquoi il le voulait faire mettre au cachot, il lui fut déclaré que c'était ? parce qu'il avait fait arrêter le Gouverneur M. CH. ? qu'il voulait se saisir de ceux qui étaient Troisième page M. CHEREIL
1.049-1 ? crainte de désordre, et qu'en effet, lui, témoin, LA CITERNE, valet dudit Sieur de VAUBOULON, et BIDON son Secrétaire, furent constitués prisonniers ; que lui Témoin, demeura trois jours dans le cachot, après quoi FIRLIN qui avait été reconnu Gouverneur de l'Ile par la plupart des habitants, le fit mettre en liberté, et l'envoya au Quartier de St Paul en arrêt chez le nommé Gaspard LAUTRETTE, lui disant ledit FIRLIN, en le mettant hors du cachot, et qu'il se fût bien donné garde de prendre les intérêts dudit Sieur de VAUBOULON; que ledit BIDON fut aussi envoyé au Quartier de St Paul, et LA CITERNE à celui de Ste Suzanne aussi en arrêt. Choix des habitants. Que sept ou huit mois après ils furent tous rappelés A t Denis; ledit FIRLIN écrivit une lettre au témoin le 6 juin 1691 pour s'en retourner audit St Denis. Laquelle lettre signée FIRLIN ensemble le certificat dudit Gaspard LAUTRETTE du 27e août 1696. Il a en l'endroit reporté (représenté ?) et sont lesdites pièces demeurées jointes à la présente information après avoir été par nous paraphées et sommé le témoin de les parapher, ce qu'il a dit ne pouvoir faire, ne sachant ni lire ni écrire; que lui témoin, et ledit BIDON et LA CITERNE étant de retour audit St Denis, et ayant tâché, lui, témoin, et LA CITERNE Quatrième page M. CHEREIL
1.049-2 de procurer la liberté audit Sieur de VAUBOULON, ledit LA CITERNE fut remis au cachot, et lui, déposant, envoyé en arrêt à Ste Suzanne; qu'ensuite FIRLIN le fit revenir à St Denis et le mit dans le cachot, tandis qu'il fit faire le procès audit LA CITERNE, lequel fut passé par les armes, après quoi il fit mettre le déposant en liberté, qui s'en retourna à Ste Suzanne, ne voulant pas demeurer plus longtemps auprès dudit FIRLIN, et est demeuré audit lieu de Ste Suzanne jusque à ce qu'il s'est embarqué dans le vaisseau Les Jeux pour revenir en France; qu'il ne sait point les particularités de l'emprisonnement dudit Sieur de VAUBOULON ni la cause, parce qu'il n'était pas présent, ainsi qu'il a dit ci-dessus, mais qu'il a ouï dire que ce fut à cause de quelques coups de canne qu'il donna audit FIRLIN; et ne sait pas non plus les particularités de la mort ni qui condamna LA CITERNE, fors qu'il a ouï dire que c'était le Père Capucin et FIRLIN, et qu'il n'entendit point tirer de canon, le jour de l'emprisonnement dudit Sieur de VAUBOULON. Ce qu'il a dit savoir, lecture à lui faite de sa déposition. A dit celle-ci contenir vérité, y a persisté et déclaré ne savoir signer de ce enquis suivant ? Dix huit mots (ou mois?) M. CHEREIL Cinquième page P. CAILLEAU Greffier
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